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mes passions

Le sergent Barthélémy

Publié le par Jaume Ribera

Des enquêteurs dont Patrick aime à lire les aventures, et qu'il m'a fait découvrir, ce sergent Barthélémy est celui dont je me sens le plus proche.

D'abord, parce qu'il est méridional, comme moi: il vit dans un village de Margeride, partie du Gévaudan, ce pays sauvage et austère où l'homme vit en perpétuelle symbiose avec la nature, faute de ne pas pouvoir survivre.

Paysage de la Margeride, région du sergent Barthélémy

Il faut dire que Barthélémy Mazeirac vit dans des temps plus anciens, et donc plus difficiles, que moi: au XIV° siècle. Une période de guerres, de fléaux, de calamités et de menaces en tous genre... comme nous en avons connu une, heureusement terminée, durant les guerres franco-espagnoles.

Ensuite, c'est presque par hasard, comme moi, qu'il s'est lancé dans la résolution de crimes. Même si, comme moi, ses fonctions l'y prédisposaient. Lorsqu'un cadavre inconnu fut découvert au pied de la tour de Madeloc, j'étais deuxième consul de la cité, chargé à ce titre de faire respecter la loi. Quand un collecteur d'impôts a disparu juste après être venu dans son village, Barthélémy y était sergent du seigneur (une fonction qui n'existe pas à Argelès, puisque nous n'avons pas de seigneur).

Par ailleurs, Barthélémy est secondé par Ysabellis, experte en herbes et médecines diverses, guérisseuse, à la naissance et au passé mystérieux, astucieuse et courageuse. Capable de tout voir et tout entendre dans le pays, sans être elle-même remarquée... Un peu le même rôle que Sylvia joue, parfois, auprès de moi.
Oui, je sais!... Je ne vous ai pas encore parlé de Sylvia...

Enfin, Barthélémy n'attend rien de ses contemporains. Ni de la reconnaissance, ni de l'aide, ni même de l'estime. Il veut que tout le monde remplisse son rôle en respectant les règles. Faute de quoi il n'y a pas de paix possible entre les diverses communautés villageoises.

Il est moins rigide que le boyard Artem, dont je vous ai parlé. Et j'espère que je le suis moins que lui. Mais ce serait à vous de me le dire...

Il y a autre chose, me souffle Patrick, qui fait que j'aime bien le sergent Barthélémy. Et il a raison: Laëtitia Bourgeois, qui a écrit les sept aventures de Barthélémy, a bien aimé mon enquête sur Le fanal de Madeloc, que Patrick lui avait envoyée.

Venant de la part d'un auteur reconnu, cela fait chaud au cœur

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Le boyard Artem

Publié le par Jaume Ribera

De tous les "collègues" enquêteurs dont Patrick me fait passer les livres pour le cas où je voudrais vous en parler, celui-ci est probablement le plus dépaysant. Il y en a d'autres, certes, œuvrant encore plus loin et dans des sociétés encore plus étrangères à la mienne, mais je crois que Patrick n'en a pas lu les enquêtes.

Avec les huit aventures du boyard Artem écrites par Elena Arseneva, nous plongeons dans un univers qui nous est très éloigné, à la fois dans le temps (ces enquêtes ont lieu à la fin du XI° siècle), et dans l'espace. Artem est en effet un militaire et administrateur de haut rang à la cour de Wladimir, prince de Tchernigov, à la limite de ce que vous appelez à votre époque la Russie et l'Ukraine.
En fait, c'est à Francisco que je dois ces explications, car j'avoue que ces lointaines contrées ne sont pas vraiment connues, dans notre région catalane...

Cette période est celle où commence à éclore cet immense pays que vous et moi connaissons sous le nom de Russie, mais qui n'est à l'époque qu'une superposition extrêmement conflictuelle de petites principautés enchevêtrées.
 

En bas à droite, en marron, la principauté de Tchernigov est la plus proche de Kiev

Wladimir (personnage inventé, synthèse historique sinon psychologique des différents princes régnant à l'époque) est un noble jeune, séduisant, plutôt instruit et aux idées ouvertes aux autres. Artem est un de ses hommes de confiance, rigoureux, intuitif, aidé par son intrépide jeune fils adoptif et par ses deux fidèles gardes, Mitko et Vassili. Et bien sûr, en ces temps troublés entre principautés, les complots et les trahisons ne manquent pas, au cœur d'un tissu social tiraillé par les rites séculaires, les croyances païennes, le christianisme orthodoxe encore fragile.

L'intérêt de ces livres ne réside d'ailleurs pas dans les enquêtes elles-mêmes, somme toute assez classiques, mais dans l'extraordinaire découverte à laquelle ils nous convient: celle d'une Rus de Kiev possédant déjà à cette époque une société brillante et largement ouverte sur l'extérieur, surtout vers la si proche Constantinople, ville phare de tout l'Orient, mais qui restait organisée autour d'une hiérarchie sociale très rigide.

Bien sûr, dès qu'il s'agit des terres de Russie et d'Ukraine, toutes les fibres sentimentales de Patrick sont en éveil. Et je comprends que ce personnage du boyard Artem lui plaise tout particulièrement.
Mais moi qui n'ai pas ces origines dans mes veines, j'ai aussi été séduit par ces voyages lointains.

C'est pourquoi je pense que vous le serez aussi...

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Sœur Fidelma

Publié le par Jaume Ribera

Eh oui!... Parmi mes collègues enquêteurs amateurs (c'est-à-dire qui ne sont pas policiers, dont ce n'est donc pas le métier), il y a aussi une femme.
Avec ce que je vous ai dit l'autre jour sur le statut particulier de la femme dans la société catalane, je vous entends déjà ricaner: "Le Jaume, il ne doit pas beaucoup aimer ça, qu'une femme se mêle de résoudre des crimes..."

Détrompez-vous.
Sœur Fidelma fait aussi partie de mon Panthéon personnel des enquêteurs qui méritent qu'on suive leurs aventures (même si moi, j'ai arrêté au bout d'un moment, je vous dirai pourquoi). Cela dit dans son cas, il faut remonter vraiment très loin dans le temps pour lui emboîter le pas: elle vivait mille ans avant moi, au milieu du VII° siècle.

En tous cas, quel personnage, cette Fidelma!...
Elle était religieuse, ça vous l'avez compris avec son nom. De toutes façons, en ce temps-là, quand une femme avait un rôle social en vue, c'est qu'elle était dans les ordres.
Elle était de sang royal, sœur du roi de Muman (à votre époque, c'est la région du Munster), l'un des cinq royaumes dont la fédération souple constituait l'Irlande de l'époque.
Elle avait de l'instruction, puisqu'elle avait étudié le droit civil et criminel, jusqu'au grade le plus élevé, ce que d'ailleurs elle ne manque jamais de rappeler à ses contradicteurs.
Et elle finit par épouser le fidèle Eadulf, l'ancien juge devenu moine, jadis étudiant en médecine et ayant vécu à Rome à la cour du pape. Ne soyez pas surpris: à cette époque éloignée, les religieux n'étaient pas voués au célibat; surtout au sein de l'Église celte, qui était indépendante de Rome.

 

Un monastère irlandais, tel qu'il y en avait tant à l'époque de Fidelma: quelques bâtiments isolés au milieu de nulle part. Beaucoup d'entre eux étaient mixtes, et ils étaient souvent dirigés par des abbesses.

Quoi qu'il en soit, les aventures ne manquent pas, dans cette Irlande sauvage en train de se construire peu à peu vivant sous la double influence des implantations religieuses parsemant le pays, et des rites païens qui résistent encore. Une Irlande magnifiquement dépeinte par Peter Tremayne, avec ses paysages et ses habitants, comme si vous y étiez.

Alors pourquoi me suis-je lassé? Passe encore que Fidelma elle-même ne soit pas un personnage très attachant: hautaine, cassante (même avec Eadulf), toujours persuadée d'avoir raison contre tout et contre tous, adepte d'interminables démonstrations parfois absconses pour résoudre ses enquêtes... Après tout, suis-je sûr d'être plus sympathique qu'elle?

La raison, c'est surtout qu'il est difficile, dans un contexte social et historique aussi restreint, de renouveler les intrigues. Quand on en a lu une dizaine, on a un peu l'impression d'avoir fait le tour des possibilités. Et comme il y en a environ vingt-cinq!...

Mais pas de malentendu entre nous: je ne suis pas en train de vous en déconseiller la lecture. Au contraire (sinon, je ne vous en aurais pas parlé du tout). Ces livres sont vraiment de bons voyages dans une époque totalement révolue, et donc fort peu connue: celle des tout premiers débuts de la civilisation chrétienne, dans les lointaines brumes du Nord.

Totalement dépaysants, en tous cas, pour le Catalan que je suis!...

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La tribune de Serrabona

Publié le par Jaume Ribera

Je ne sais pas si on peut dire qu'il s'agit d'une passion: ma découverte de ce joyau est après tout très récente (vous en lirez les circonstances dans Le novice de Serrabona).
Mais je reconnais volontiers que durant mon court séjour sur place, je suis véritablement tombé sous le charme de la construction, aussi inattendue qu'envoûtante, qu'il renferme...

Elle est située au cœur-même du prieuré. Celui-ci date du début du XI° siècle, et a été construit au bord d'un à-pic descendant jusqu'à la rivière du Bolès. Il a regroupé une communauté de moines augustiniens jusqu'à la fin du siècle dernier, en 1593. Le manque de respect de la règle, la diminution du nombre des moines, la concurrence d'autres implantations, bénédictines elles... Tout cela fit péricliter l'implantation, qui devint alors une simple église paroissiale: celle du minuscule hameau de Serrabona, rassemblant surtout des mas perdus dans la montagne.
 

Lorsque nous sommes arrivés sur place, avec Francisco et Sylvia, je n'imaginais pas rencontrer un tel émerveillement. Le lieu, à première vue, semble assez austère. Et nous étions fatigués par notre longue chevauchée.

C'est le lendemain matin, lorsque le curé Respaut nous a conduits dans la nef du prieuré, que j'ai ressenti un véritable choc esthétique. Imaginez-vous, dans la pénombre et le silence des épais murs de schiste, brusquement confronté à ceci:

Une profusion de marbre rose, sur deux niveaux, avec des sculptures omniprésentes sur les chapiteaux, les linteaux, les arcades... Aucune de ces sculptures n'est identique à une autre. Elles représentent des animaux fantastiques, des personnages fabuleux, des monstres légendaires, tout un bestiaire imaginaire dont un œil exercé distingue qu'il fut réalisé par plusieurs artistes. Le tout au XII° siècle.

 

 

 

 

Quelle était la fonction de cette tribune? Il semble qu'il ne s'agissait pas d'un simple jubé, séparant le chœur du reste de la nef. Mais bel et bien d'un portail intérieur, à la signification architecturale et symbolique étonnante au début du XII° siècle, dans un endroit aussi isolé.

En tous cas, c'est une merveille, dont le souvenir ne s'efface pour ainsi dire jamais dans l'esprit de ceux qui ont eu la chance de la voir.

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Erwin le Saxon et le comte Childebrand

Publié le par Jaume Ribera

Moins que frère Cadfael, dont je vous ai parlé, mais de façon tout aussi importante, ces deux-là ont contribué à faire naître chez Patrick le souhait d'écrire des romans qui soient à la fois des enquêtes policières, des énigmes à résoudre, mais surtout le récit d'une époque, d'une société, d'un contexte.

Cela dit, j'ai toujours ressenti moins de jalousie envers eux qu'envers Cadfael. Parce que c'est moins leur caractère et leur capacité de déduction qui séduit chez eux, que le contexte de leurs pérégrinations. Or celui-ci est tellement différent du mien, qu'il n'y aura jamais de concurrence possible entre nous. Et que même le petit jeu des ressemblances et divergences que j'ai esquissé l'autre jour n'aurait pas grand sens ici.

Songez en effet qu'ils vivaient au tout début du IX° siècle, dans ce moment où la nouvelle dynastie carolingienne se trouva suffisamment installée pour initier de considérables mouvements dans la société: organisation du territoire, création d'une administration, refondation de l'économie du pays, développement des arts, invention d'une nouvelle écriture, mise en place de l'éducation... J'en oublie. Même si les changements initiés par le Traité des Pyrénées sont importants pour nous, les Catalans devenus Français, ils ne seront jamais créateurs d'une nouvelle société, de nouvelles cultures. D'une nouvelle civilisation.

Aux commandes de ces changements: l'Empereur Charles le Grand (Charlemagne) en personne.

 

Et c'est là qu'on se rend compte que le grand Empereur ne portait pas la barbe, qu'il ne risquait donc pas d'avoir "fleurie"!...

Autour de lui pour mettre en œuvre tous ces changements: les nombreux clercs peuplant la cour d'Aix la Chapelle. Erwin le Saxon est l'un d'eux. Il s'agit d'un personnage fictif mais il est à ce titre un concentré des qualités et des traits de caractères de ceux dont aimait s'entourer l'Empereur.

Il est abbé, mais c'est à l'époque autant un titre nobiliaire qu'une fonction religieuse; d'ailleurs, Erwin n'est attaché à aucune abbaye. Il est saxon, car les Francs (n'oubliez pas que les Carolingiens se réclamaient beaucoup de leur héritage franc et germanique) recrutèrent beaucoup dans le monde saxon. Il est cultivé, réfléchi et volontiers cassant avec ceux qu'il fréquente, comme devaient l'être ceux qui, en ces années 800-810, incarnaient l'autorité impériale.
Pour tout vous dire, je ne le trouve pas très attachant.

C'est sans doute pour cela que Marc Paillet (l'auteur de la série de huit aventures) l'a doté d'un inséparable compagnon bien plus truculent, plus impulsif, plus "humain" en un mot: le comte Childebrand. Comte, à l'époque, cela veut dire qu'il est le plus haut personnage administratif d'une partie du territoire. Et Childebrand, parce qu'il est un cousin de l'Empereur.
Patrick me supplie d'ailleurs de rentrer dans les détails onomastiques et généalogiques expliquant ce cousinage, assez complexe me dit-il.
Ma réponse est NON. La généalogie c'est sa passion, ce n'est pas la mienne.

Ce n'est pas uniquement parce que leurs tempéraments sont complémentaires qu'Erwin et Childebrand sont associés dans leurs enquêtes. C'est parce qu'ils constituent un couple de missi dominici (les envoyés du maître), ces envoyés que l'Empereur dotait des pleins pouvoirs lorsqu'il les missionnait, toujours par paire constituée d'un militaire et d'un religieux, pour régler un problème dans une province éloignée de l'Empire, voire dans une mission diplomatique... En toile de fond de leurs enquêtes, c'est toute la société carolingienne débutante qui est dépeinte.

Un tableau bien plus vaste, certes, que celui des changements affectant le Roussillon et les aires voisines depuis 1659.

Mais ce n'est pas parce qu'il est plus restreint que le changement de la société catalane est moins important.

Lisez et faites lire mes aventures, et vous pourrez en juger vous-même...

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Frère Cadfael

Publié le par Jaume Ribera

Ce bon moine, je ne le connais pas. Mais je reconnais qu'il m'a longtemps agacé...

Car Patrick dit souvent que c'est la lecture de ses aventures et de ses enquêtes qui lui a donné l'envie d'écrire des romans.
Peut-être. N'empêche que si quelqu'un n'avait pas trouvé un cadavre au pied de la Tour de Madeloc, et si ensuite je n'avais pas résolu ce crime... Il aurait manqué de choses à raconter, le Patrick!

Ici, à Argelès, j'ai posé la question: frère Cadfael, personne ne sait qui sait. Alors que Jaume Ribera, en revanche...

Comme il avait l'air d'y tenir, j'ai quand même demandé à Patrick de m'expliquer ce qu'il avait de si extraordinaire, ce moine gallois du XII° siècle. En réponse, il m'a proposé de me prêter les livres narrant ses aventures, pour que je me fasse moi-même une idée.

Oui, je sais ce que vous pensez: il est assez incongru que quelqu'un vivant en 2017 puisse prêter des livres à quelqu'un vivant en 1660...
Et suivre régulièrement, comme vous le faites (merci, d'ailleurs!) le blog d'un médecin du XVII° siècle, ça ne vous paraît pas un peu étrange?...

Bref, j'ai lu les enquêtes du "collègue".
Comment vous en parler utilement, car bien sûr à votre époque vous avez tous les outils nécessaires pour en savoir beaucoup plus sur ces livres que ce que je pourrais vous en raconter?
Alors, je vais faire comme d'habitude: vous dire comment je les ai ressentis, ces livres, du fond de mon Roussillon du XVII° siècle.

Comme moi, Cadfael vivait dans une période historique troublée: pour moi l'annexion du nord de la Catalogne à la France, pour lui une guerre civile entre deux prétendants au trône d'Angleterre.
Comme moi, il vivait à la frontière entre deux pays, et sa fidélité oscillait entre ces deux fidélités. Il était Gallois, mais vivait en terre anglaise, où il coopérait pleinement avec les représentants locaux de l'autorité anglaise.
Comme moi, il était fasciné par le pouvoir des plantes. Dans son abbaye, il était herboriste, et consacrait l'essentiel de sa journée (quand il ne devait pas enquêter sur un crime) à préparer potions et baumes pour soulager les souffrances de ses contemporains.
Comme moi, il avait peu de vrais amis, mais ceux-là comptaient beaucoup pour lui. Et il comptait également pour eux, en retour.

Cela dit, n'allez pas croire que nous sommes parfaitement interchangeables...
D'abord, Cadfael était moine. Moi, je suis laïc, et compte bien le rester.
Ensuite, avant de prononcer ses vœux, il avait eu une vie bien remplie: soldat, croisé, resté suffisamment longtemps en Orient (à Antioche) pour y avoir un fils... Alors que moi, le "voyage" le plus éloigné d'Argelès que j'ai fait m'a amené à Sant Marti del Canigò, lors de ma dernière enquête. À peine quelques lieues...
Enfin Cadfael se plaisait à répéter qu'il était au soir de sa vie et qu'il n'aspirait à rien d'autre qu'à vivre le mieux possible sa mission au sein de l'abbaye. Alors que moi j'entre dans la vie, et j'ai encore tant et tant de choses à réaliser...

En tous cas, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans la vingtaine d'enquêtes de Cadfael qui ont été écrites.
Quand vous aurez lu les miennes, bien sûr!...

Patrick me demande d'ajouter qu'il vous conseille aussi les "versions filmées" qui ont été faites de certaines de ces enquêtes... Mais là, je ne comprends plus ce qu'il veut dire.
 


Et ces "films", il dit qu'il ne peut pas me les prêter... Abolir les barrières entre les siècles a ses limites, semble-t-il.

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Potions ou poisons?

Publié le par Jaume Ribera

Je vous ai déjà parlé de ma passion des plantes et de l'herboristerie. Mais à mon époque, il n'y a pas de vrai médecin qui ne soit pas aussi, plus ou moins, apothicaire. Bien sûr, la profession est jalousement protégée par ceux qui l'exercent, et qui bénéficient d'un monopole reconnu par ordonnance royale.
Mais il n'en reste pas moins que lorsqu'un médecin (comme Francisco, comme moi...) se trouve dans un mas éloigné et doit traiter un cas urgent, il ne peut pas se permettre d'aller d'abord chez l'apothicaire le plus proche (à supposer qu'il y en ait un qui ne soit pas trop éloigné) pour se procurer les potions dont il a besoin. Alors, nous les fabriquons nous-mêmes.

J'avoue que c'est une des tâches qui me passionnent le plus dans mon métier. Avoir le sentiment de fabriquer soi-même le produit qui arrivera à guérir le mal dont souffre le malade... Le fabriquer, et parfois même l'inventer. Imaginer le mélange d'herbes, de graines, de racines, qui ensemble uniront et augmenteront leurs effets bénéfiques. Cela suppose à la fois une parfaite connaissance des ingrédients, mais aussi une grande maîtrise de leur préparation. Je ne suis pas encore un expert, loin de là... Mais je progresse.

Le risque, c'est que les mêmes plantes, les mêmes substances, qui servent à soigner grâce à certaines de leurs propriétés, peuvent aussi gravement mettre la vie du malade en danger, par d'autres de leurs propriétés. Ou par les mêmes, mal utilisées.

Prenez, par exemple, le genêt, si fréquent sur les pentes des Albères, qu'il noie de ses couleurs d'or dès le printemps.

Il est souverain pour soigner les problèmes liés à la circulation sanguine (varices, œdèmes, faiblesses cardiaques), et je l'utilise souvent, notamment chez des personnes âgées qui n'ont plus la force de beaucoup bouger.
Mais attention: qui dit circulation sanguine, dit risque de vertiges, de palpitations, de maux de tête... Il y a dans le genêt une substance qui, à forte dose, peut s'avérer mortelle. Et qu'il ne faut jamais employer, par exemple, chez les femmes enceintes: on mettrait leur vie en danger (et pas seulement celle de leur bébé).

C'est pour cela qu'il faut faire très attention à tous ceux qui fabriquent potions, baumes onguents, et qui les vendent (souvent très chers) sur les marchés. Ils ne sont pas forcément animés de mauvaises intentions, certes; mais connaissent-ils toutes les propriétés des plantes qu'ils utilisent? Les bonnes comme les mauvaises?

Comme le dit souvent Francisco: "Il y a si peu de différences entre une bonne potion et un terrible poison."

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Le cheval

Publié le par Jaume Ribera

Tout le monde, dans les mas du Roussillon et dans les montagnes, sait plus ou moins monter à cheval. Les chevaux de labour sont assez placides pour qu'on apprenne facilement.

Mais je dois reconnaître qu'à Argelès, nous ne sommes pas si nombreux à disposer d'un vrai cheval. Je veux dire une monture capable d'affronter des déplacements assez longs, y compris dans les sentiers de montagne. J'ai cette chance.

Il ne m'appartient pas!... Je ne suis pas assez riche pour posséder une aussi belle bête.

C'est lorsque je fus élu parmi les trois consuls d'Argelès qu'il est devenu "mon" cheval. Il appartient à la garde de la cité. Une histoire assez touchante. Sa mère était la jument d'un des officiers qui fut tué lors du dernier siège de 1642 (je ne vous l'ai pas encore raconté, celui-ci). La garde l'a conservée; une bête assez sauvageonne, mais courageuse, qui s'avérait utile lorsqu'il fallait aller vite jusqu'à un hameau éloigné dans la montagne. Francisco l'utilisait parfois, même s'il a toujours préféré se déplacer à pied.
Moi, la seule fois où je l'ai montée, elle m'a fait tomber aussitôt... Nous nous entendions bien, à condition que je ne monte pas sur son dos.

Et puis elle a eu un poulain, que les gardes ont laissé grandir dans le mas de Can Senyerich, celui où vit Sylvia.
(Que dites-vous? Je ne vous ai pas encore parlé de Sylvia??? Nooon! Ce n'est pas possible...)

Quoi qu'il en soit, lorsque je fus consul, c'est ce cheval que j'ai pris l'habitude d'utiliser lorsque je devais me déplacer. Car lui m'accepte sans la moindre difficulté.
Et quand mon enquête sur le mort de Madeloc m'a amené à beaucoup bouger, nous sommes devenus encore plus inséparables... Depuis, même si je ne suis plus consul, je peux le monter quand je veux. De toutes façons, au sein de la garde, il n'y en a pas beaucoup qui aiment monter à cheval.

Alors, j'en profite...

Et non, ce n'est pas la peine d'insister...
Je ne vous dirai pas comment il s'appelle. C'est mon secret.
Un de mes secrets, plutôt...

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Le jeu d'échecs

Publié le par Jaume Ribera

Parler d'une passion serait excessif...

Mais j'aime bien ce jeu. Il paraît qu'à votre époque, on débat gravement pour savoir s'il faut dire "jeu" ou "sport"... Comme si les mots devaient servir à modifier la réalité.

Ce n'est d'ailleurs pas surprenant, que j'aie du goût pour résoudre les énigmes. Car les échecs ou la résolution des crimes sollicitent un peu les mêmes mécanismes intellectuels. Patience, souci du détail, étude des réactions de l'adversaire, pièges parfois...

Mon vrai souci, avec les échecs, c'est de trouver des adversaires. Car il ne faut pas se mentir: ils ne sont pas nombreux, ceux qui savent y jouer, dans le Roussillon de mon époque!... Francisco connaît les règles, c'est lui qui me les a apprises. Mais il n'y joue presque jamais; je ne sais pas si c'est parce qu'il n'en prend pas le temps, ou parce qu'il en a perdu le goût.
Et à part lui!... J'ai un jour vu des soldats de la garnison, à Perpignan, qui y jouaient. Mais je ne vais pas aller jusque là-bas pour une simple petite partie...

Alors en attendant de trouver un(e) partenaire, je m'amuse à me fabriquer des pièces. Ce n'est finalement pas si compliqué. Il suffit d'avoir deux bois de couleur différente, et de savoir sculpter un peu. Regardez mes dernières fabrications.

Qui pour une partie à travers les époques???

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Herboriste

Publié le par Jaume Ribera

Quand Patrick me dit qu'à votre époque, c'est devenu la grande manie, de ne plus croire que dans la vertu des plantes pour se soigner, se nourrir, s'embellir, "faire du carburant" (ne le lui répétez pas, mais là je ne comprends pas ce qu'il veut dire...), ... tout cela me fait doucement rigoler.

Parce qu'à notre époque, les plantes on sait bien tout le parti qu'on peut en tirer. Tous leurs dangers éventuels, aussi. Et nous savons les utiliser.

Durant mes études de médecine, c'est le domaine qui me passionnait le plus. Je me serais bien vu herboriste, en fait. Mais Francisco m'a poussé à aller plus loin, en me disant qu'un médecin pouvait tout à fait être herboriste en même temps; alors que l'inverse...........................
Il n'avait pas tort, tous comptes faits.

Il faut dire que nos montagnes des Albères regorgent de tant et tant de trésors en herbes, plantes, écorces, racines...
On peut fabriquer des dizaines d'onguents, de baumes, de potions, de crèmes, de cataplasmes, avec tout cela... Pas toujours pour le bien, hélas. Durant mon enquête sur le meurtre de la jeune Rafela Salas, j'ai dû affronter notamment une guérisseuse experte en plantes, mais absolument néfaste.

Comme quoi, la bonne santé par les plantes, ce n'est pas toujours vrai...
Mais moi j'y crois, si c'est bien utilisé. Je vous en reparlerai.

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