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Le fanal de Madeloc

Publié le par Patrick Dombrowsky

Le fanal de Madeloc

Avec un dessin fait en famille comme première couverture

Un souvenir d'enfance me revient en mémoire, au moment d'écrire quelques lignes sur ce roman. Dans la bibliothèque de mon grand-père, passionné de montagne, un titre me fascinait parmi ses nombreux ouvrages de Roger Frison-Roche: Premier de cordée.
Le fanal de Madeloc, c'est un peu mon premier de cordée. Celui qui a tout lancé; celui sans lequel le reste n'aurait pas pu voir le jour.
Sept ans se sont écoulés entre les premières lignes griffonnées au bord d'une piscine vendéenne, et son auto-édition chez TheBookEdition.com.

L'histoire d'un corps découvert au pied de l'antique tour de guet de Madeloc, au lendemain de la visite de Louis XIV dans sa nouvelle cité de Perpignan. La quête d'un enquêteur qui le devient presque par hasard. La découverte des complots, des intrigues, des faux-semblants agitant ces premiers mois de l'annexion au Royaume de France.

Un premier roman suffisamment crédible pour permettre finalement son édition, pour de vrai, dans le circuit des éditeurs professionnels. Les éditions Marenostrum, de Perpignan, le publièrent en 2013.
 

Hélas, le contrat de confiance qui doit lier un auteur et son éditeur n'a jamais été respecté. J'ai donc dû résilier cet engagement. Et j'ai récupéré tous les droits sur le livre.

Publié dans Mes enquêtes

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L'anse de Paulilles

Publié le par Jaume Ribera

Tout le long de la côte rocheuse qui commence au sud d'Argelès, se succèdent de nombreuses petites criques. Je me souviens de vous en avoir parlé. C'est un ensemble finalement assez mal connu, très peu peuplé, et dans lequel se sont développés, durant les longues années de guerre que notre région a connues, de multiples trafics.

L'anse de Paulilles est l'une de ces criques. Ni plus, ni moins notable que les autres.
Si ce n'est qu'elle est plus vaste, entre le cap Béar qui la sépare de Banyuls au Nord, et le cap que nous appelons Coustodou, et dont Patrick me dit que vous l'appelez désormais Oullastrell, au Sud.

Un paysage de roches et de maigre végétation

La plupart de ces criques sont surtout accessibles par la mer.
À Paulilles, toutefois, il est aussi possible de venir par la terre. Le minuscule ruisseau qu'on appelle Rec de Cosprons vient en effet finir sa course au centre de la crique. Il descend des pentes de la Madeloc, en traversant toutes les terres du hameau de Cosprons. Ce mince couloir permet une réelle communication entre ce dernier et la mer. D'ailleurs, je vous l'ai raconté, l'histoire du hameau est très dépendante de l'étendue maritime.

C'est pour cela que cette anse est témoin d'une grande activité clandestine. La proximité de Cosprons compense le côté passablement désertique des abords.

Évidemment, il vaut mieux connaître ou être bien guidé...

Ceux-ci assurent la discrétion; mais les habitations somme toute assez voisines peuvent servir de refuges proches, en cas de nécessité.

Or j'ai entendu dire que depuis quelques temps, il y a une reprise des activités nocturnes, du côté de Paulilles.
Et que de mystérieux navires s'approchent des côtes, parfois la nuit...

L'anse aurait-elle repris du service?
Je vous en reparlerai...

Publié dans Ma région

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Qui nous gouverne, finalement?

Publié le par Jaume Ribera

C'est une question qui peut surprendre, tant la réponse paraît évidente: eh bien le Roi, bien sûr!... C'est-à-dire Louis XIV depuis que nous sommes devenus Français...

Mais il n'en est bien sûr rien dans la réalité quotidienne qui est la nôtre. Louis XIV ne représente pas encore grand chose dans la région, à part peut-être pour ceux qui ont assisté à son arrivée et à ses déplacements dans Perpignan lors de sa venue en avril 1660, et qui ont fugacement pu apercevoir sa silhouette à l'intérieur des coches qui le conduisaient d'un endroit à l'autre. Et encore Louis a-t-il peu bougé, tant il faisait mauvais et tant il a plu, durant son séjour dans sa nouvelle province.
Mais c'est tout! Comment pourrait-il en être autrement, d'ailleurs? Le traité qui nous a rattachés au Royaume de France ne date que de novembre 1659. Deux ans plus tard, la langue que nous parlons est toujours le catalan; les lois que nous appliquons sont toujours celles de la monarchie espagnole et des usages catalans, que Louis a d'ailleurs pleinement confirmés; les monnaies que nous utilisons (quand nous ne leur préférons pas plus simplement le troc) sont espagnoles ou plus souvent purement locales.

Aux monnaies françaises (à gauche) ou espagnoles (à droite), nous préférons souvent les pellofes locales (un exemple au centre)Aux monnaies françaises (à gauche) ou espagnoles (à droite), nous préférons souvent les pellofes locales (un exemple au centre)Aux monnaies françaises (à gauche) ou espagnoles (à droite), nous préférons souvent les pellofes locales (un exemple au centre)

Aux monnaies françaises (à gauche) ou espagnoles (à droite), nous préférons souvent les pellofes locales (un exemple au centre)

Autant dire qu'il faudra sans doute longtemps à la Couronne de France pour absorber notre région dans son système politique et social. Et que ce n'est pas l'image d'un roi forcément lointain de nous qui y changera quelque chose.
D'où l'importance des institutions mises en place pour nous diriger. Dans un premier temps, c'est le Gouverneur de la province qui a eu tous les pouvoirs. Durant les dernières années de la guerre, c'est François de Sagarre qui occupa le poste. Il a francisé son nom, mais en fait il est Catalan, originaire de Lleida. Rallié depuis longtemps aux intérêts français, il en a été récompensé par ce poste éminent, ce qui lui valut une franche détestation dans toute la province. D'ailleurs sitôt celle-ci définitivement annexée, Paris a préféré confier la fonction de gouverneur à un Français, venu des confins du Limousin et du Périgord: Anne de Noailles. Ceux d'entre vous qui ont lu le récit de mes enquêtes savent que je l'ai rencontré plusieurs fois et que, finalement, nous nous apprécions mutuellement.
 

François de Sagarre et Anne de Noailles, nos deux gouverneurs successifsFrançois de Sagarre et Anne de Noailles, nos deux gouverneurs successifs

François de Sagarre et Anne de Noailles, nos deux gouverneurs successifs

Mais là n'est pas la question! Il se dit beaucoup, ces derniers temps, que Noailles est de moins en moins présent dans la province. Non pas qu'il se désintéresse de sa fonction, non! Mais le poste de gouverneur ne comblerait pas suffisamment ses ambitions; après tout, il est militaire et la région est en paix, désormais. Ce n'est pas ici qu'il pourra faire prospérer sa carrière. Mais surtout, sans doute lassés par la persistance des complots permanents qui naissent ici, ceux qui entourent le Roi à Paris veulent plus s'appuyer sur des instances spécifiquement locales, supposées plus capables de s'y retrouver entre tous les clans.

C'est ainsi que s'est produite, au cours des années 1660 et 1661, la mise en place du Conseil Souverain du Roussillon, qui a absorbé toutes les instances déjà en place.

Un palais ancien au cœur de Perpignan pour ce nouveau lieu de pouvoir

Logée dans le très ancien Palais de la Députation, à deux pas de la Loge de Mer qui est depuis des siècles le centre du Perpignan important, l'institution se veut surtout une instance judiciaire chargée de juger toutes les affaires civiles et criminelles qui lui sont soumises; mais elle est aussi une instance politique, puisqu'elle est automatiquement saisie de tout sujet impliquant la relation avec notre nouveau royaume.
Qui dirige ce Conseil? C'est là que les choses se compliquent. Et mon ami Athanase de Mostuéjouls, idéalement placé à la forteresse, me raconte parfois que les réunions en sont souvent houleuses et qu'elles ont du mal à décider quoi que ce soit, tant tous veulent s'en assurer le contrôle. Il faut dire qu'on y trouve un beau monde très hétéroclite: des Catalans ralliés à la France, des Espagnols en rupture avec la couronne vieillissante de Philippe IV, des Français nommés là pour essayer de jouer le rôle d'arbitres (notamment un certain Charles Macqueron, dont on dit qu'il prend de plus en plus d'importance dans la région).

Ceci pour dire que, finalement, il n'y a pas vraiment de réponse simple à la question posée par le titre de ce billet...
Qui nous gouverne? À Perpignan, c'est très changeant au gré de l'influence fluctuante des uns et des autres. Hors de la ville, c'est souvent les plus influentes des familles locales, à condition qu'elles ne s'opposent pas trop ouvertement aux nouveaux maîtres français. Et dans les plus lointaines des vallées et des paroisses, c'est encore bien souvent les seigneurs locaux (rarement riches, pourtant) appuyés par les batlles qu'ils désignent pour les seconder.

Quelque chose me dit qu'on n'est pas sur le point d'en finir avec les ambitions contradictoires des uns et des autres...
Et qu'une réelle paix n'est pas pour demain dans notre société!...

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Els pescadors

Publié le par Jaume Ribera

Je vous l'ai déjà dit: la mer n'est pas notre amie. Du moins n'est-elle pas l'amie de la plupart de mes contemporains, y compris dans une cité comme Argelès qui est si près d'elle.

Il faut nous comprendre: c'est par la mer que durant des siècles sont arrivés les ennemis, en des temps où la chaîne de montagnes nous apportait une protection contre les conquérants venant du Sud. Par ailleurs les tempêtes et le mauvais temps, fréquemment violents dans notre région, nous viennent aussi le plus souvent de la mer.

Non, la mer n'est pas toujours pour nous une voisine paisible et accueillante

En conséquence, rares sont ceux qui tirent subsistance de l'étendue marine. Et alors que d'assez nombreux pescadors (pêcheurs) fréquentent les étangs que nous connaissons, le long du littoral ou même à l'intérieur des terres, rares sont ceux qui osent s'aventurer en mer.
D'ailleurs, ils ne vont pas loin. Pas question de s'éloigner trop de la cote. Ils ont l'habitude de plaisanter en disant qu'ils aiment tellement leur terre catalane qu'ils ne veulent pas la perdre de vue. Mais la vérité, c'est qu'ils ne veulent pas partir au large.

Ils ne le pourraient de toutes façons pas! Les barques des quelques pêcheurs qui quittent la terre ferme ne sont pas construites pour leur permettre d'affronter des flots susceptibles de s'agiter soudain.
Nos barques ne sont pas très éloignées de celles dont Patrick m'a dit que vous les appelez "barques catalanes", amoureusement décorées et abondamment exposées aux regards sur les plages de nos quelques ports. Mais elles sont plus sobres, plus fonctionnelles pour tout dire.
De petite taille, elles ne dépassent pas 3 ou 4 toises (traduction de Patrick: entre 7 et 8 mètres). Elles sont à fond plat, pointues de façon identique à la poupe et à la proue. Équipées d'une voile, elles se manœuvrent aussi par les avirons, ce qui augmente leur maniabilité d'autant plus qu'elles sont légères.

Rassemblées sur la plage, en attendant de reprendre la mer

Tout cela est certes très pratique pour naviguer, mais est également assez fragile. C'est pour cela que ces petites barques sont surtout utilisées dans les ports de la Côte rocheuse, là où la montagne pyrénéenne se jette dans la mer.

Il n'y a guère que deux ports qui ont un peu d'importance. Collioure, bien sûr, et Banyuls de la Marenda. Entre les deux, Port-Vendres n'est quasiment plus peuplé et a perdu une large partie de son activité. Même si des rumeurs disent que les Français ont pour projet de lui redonner son importance passée.

De multiples anses et criques, mais très peu de ports

Après Banyuls, il n'y a guère que de rares maisons accrochées aux rochers, même pas regroupées en hameaux (sauf le minuscule Cerbère). Tout le long de la côte rocheuse, se trouvent entre ces bourgades de nombreuses petites criques et autant d'anses discrètes, pas toujours accessibles de la terre ferme, dans les recoins desquelles il est loisible de venir pêcher à l'abri de la houle du large.
Alors bien sûr, dans ces lieux, il existe des familles de pêcheurs. Certaines le sont depuis plusieurs siècles, d'ailleurs. Cantonnées dans une pauvreté réelle, tant il y a peu de profits à faire dans cette activité. S'il y a peu de pêcheurs, c'est aussi parce qu'il y a peu de consommateurs. Les coquillages et quelques crustacés sont certes présents dans notre cuisine. Les poissons le sont moins, hormis la bullinada dont je vous reparlerai.

Ceci pour dire qu'els pescadores ne roulent pas sur l'or. C'est sans doute pour cela que tout le long de la côte, se multiplient toutes sortes de trafics, surtout depuis que cette zone rocheuse est devenue frontalière.

Il faudra que de cela aussi, je vous en reparle...

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Perpignan la souterraine

Publié le par Jaume Ribera

Comment le dire de la façon la plus simple, mais la plus correcte, qui soit? En fait, il existe deux villes superposées à Perpignan.

L'une grouillante de population, aux ruelles multiples et entrelacées, aux innombrables églises et chapelles, est celle que nous connaissons tous. Celle dont les plans décrivent l'ordonnancement finalement assez chaotique.

Le Perpignan de mon époque

Cette ville a un souci majeur, que Patrick évoque souvent dans les romans qu'il consacre à mes enquêtes: elle est presque dépourvue d'eau. D'eau courante, je veux dire. Celle que les habitants consomment et utilisent pour leurs besoins les plus immédiats. La Bassa, dont le débit n'est pas toujours très abondant d'ailleurs, coule à l'extérieur des remparts, qu'elle longe au nord de la vile. Quant à la Têt, elle est encore plus éloignée. Nul cours d'eau pour le moins sérieux ne pénètre dans la ville.

Alors il a fallu s'organiser. Tôt.
Lorsque Perpignan est devenue capitale du royaume de Majorque, au XII° siècle, et lorsque les rois y ont fait construire leur palais qui sert de forteresse de nos jours, il a bien fallu trouver des solutions pour faire arriver l'eau, au moins jusqu'au siège du pouvoir royal.

La solution consistant à creuser des puits était certes la plus pratique, puisque la proximité de la mer et des anciens marécages (pas encore tous asséchés, à l'époque de la fondation du royaume de Majorque) faisait que les nappes d'eau n'étaient jamais très lointaines. Mais cette solution ne pouvait pas être utilisée partout. Le coût des puits faisait hésiter les consuls de la ville. Et d'autre part, il y a plusieurs collines à l'intérieur de Perpignan (dont une au niveau du Palais, d'ailleurs), ce qui obligeait à des creusements beaucoup plus profonds et difficiles à entretenir.

Alors on est allé chercher l'eau ailleurs. Dans les rivières descendant des montagnes du Conflent, plus précisément. Un long canal, qui prit le nom de Canal royal, fut construit. Mais encore fallait-il que l'eau qu'une dérivation apportait vers Perpignan pût entrer dans la ville et surtout pût y être stockée, et enfin distribuée dans toute la cité.

Pour faire entrer l'eau, il suffisait d'en franchir les murailles. Ce qui fut fait en doublant certaines entrées de la ville de petits aqueducs. Il en exista deux. L'un arrivait du côté de la porte Saint Martin, à l'ouest de la ville. Mal entretenu, et fortement endommagé durant les années de guerre, il ne sert quasiment plus. En revanche, celui qui arrive près de la citadelle et de la porte d'Elne, lui, est toujours en fonctionnement.

L'aqueduc de la porte d'Elne (avant que celle-ci soit murée, bien après l'époque de Jaume)

Et c'est là que commence l'histoire de Perpignan la souterraine!...
L'eau qui arrive par ce fragile aqueduc est tout d'abord stockée dans un immense réservoir. Le premier fut creusé sous le palais royal lui-même. Mais il a été agrandi depuis.

Ce réservoir est une immense salle voûtée, de construction solide, dans laquelle les lecteurs de ma dernière enquête ont pu pénétrer. À partir d'elle partent de nombreuses canalisations, dont le rôle est de conduire l'eau dans tous les quartiers de la ville.

Un lieu très impressionnant, et vital pour la ville

Peut-être un jour quelqu'un étudiera-t-il tout ce réseau caché (Patrick me dit que certains sont en train de le faire, à vote époque). Alors bien sûr, quand j'ai titré "Perpignan la souterraine", j'ai un peu joué sur les mots. Car personne ne vit là!
Mais comment ne pas penser, lorsqu'on marche dans la ville, que sous nos pas se trouve un aussi dense réseaux de canalisations? Certaines sont abandonnées, et bien sûr à votre époque elles ont été remplacées (ou complétées) par des systèmes différents. Mais nombreuses sont celles qui sont encore en service, de mon temps.
À l'autre bout de ces canalisations, l'eau se déverse dans autant de petits réservoirs qu'il y a de fontaines dans Perpignan. Et Dieu sait qu'il y en a beaucoup, et de très anciennes!

En haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des Potiers
En haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des PotiersEn haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des Potiers
En haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des PotiersEn haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des Potiers

En haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des Potiers

Car c'est grâce à ces multiples fontaines que les habitants peuvent venir chercher (en veillant à éviter les gaspillages) le liquide si précieux.

Aux fontaines, et à toutes les installations de Perpignan la souterraine!...

Publié dans Ma région

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Cabestany

Publié le par Jaume Ribera

C'est donc à Cabestany, vous le savez maintenant, que s'est déroulée ma dernière enquête, qui a donné lieu au quatrième roman écrit par Patrick.

Je ne connaissais pas Cabestany. C'est un tout petit village, tout proche de la grande ville de Perpignan (côté citadelle).

À peine une demi-lieue catalane sépare Cabestany des murailles de Perpignan

Un village un peu étrange, en vérité. L'église y est totalement excentrée, au lieu d'être au cœur des maisons, comme c'est souvent le cas dans les villages les plus petits. Et les habitations, loin d'être regroupées et serrées les unes contre les autres, sont souvent séparées par de petits jardins, ou même par des correcs, ces petits ruisseaux (la plupart d'entre eux étaient à sec quand j'y suis allé) servant à la fois à l'arrosage et aux besoins d'eau pour les habitants. Alors que beaucoup des petits villages de notre région donnent l'impression d'une population très regroupée, Cabestany m'est apparu comme un village éclaté, presque sans ordre dans ses constructions.

En grisé, les maisons et autres constructions

Cela tient peut-être aux origines du village. Le curé du lieu, que j'ai beaucoup rencontré durant les quelques jours que Francisco et moi avons passés là-bas, m'a expliqué que les premières mentions de Cabestany dans les textes anciens datent de la fin du premier millénaire. Et à l'époque, l'endroit était un simple village de pêcheurs. Ne cherchez pas sur la carte: il n'y a pas d'étendue d'eau aux alentours, et la mer est quand même éloignée.

Alors... Pêcheurs où? Dans un étang qui se trouvait au Sud-Est du village (en bas à droite du plan ci-dessus), qui a fait partie des nombreuses étendues d'eau asséchées par les Templiers aux XII° et XIII° siècles. Je vous ai parlé, dans un texte antérieur, de cet assèchement massif des étangs de la côte et de la plaine. C'était d'abord pour rendre la région plus salubre (ces étendues d'eau étaient peu profondes, donc assez largement stagnantes et constituaient un paradis pour les insectes divers). Mais c'était aussi pour augmenter les surfaces agricoles, pourvoyeuses de revenus. Pas fous, les Templiers obtinrent des droits féodaux sur toutes les terres ainsi asséchées.
Et quand l'Ordre du Temple fut détruit, c'est l'Ordre des Frères Hospitaliers qui récupéra tous ces droits. D'ailleurs, à l'heure actuelle, Cabestany est toujours contrôlé par la commanderie Hospitalière de Bajoles et par son revêche commandeur, Ramon de Soler.

Petit village, faible population donc. Il n'y a pas plus d'une trentaine de focs (les foyers, unité de compte des populations à mon époque; on estime qu'un foc représente 5 personnes en moyenne). Et pas plus de deux grosses fermes, hormis les mas environnants (pas très nombreux, d'ailleurs) vers Saleilles et surtout Saint Nazaire.

C'est pour cela que la meurtrière maladie qui a soudain frappé le village y a été une telle tragédie!...
Mais cela, c'est le livre de Patrick qui vous le racontera...

Le roman narrant ma quatrième enquête

 

Publié dans Ma région

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Quatrième roman

Publié le par Jaume Ribera

Il était attendu, oserai-je le dire?, avec une certaine impatience...

Le quatrième roman issu de mes enquêtes est désormais disponible!

Le canal de Cabestany.

Une bien belle couverture, réalisée par Alexandre


À l'origine, il n'y avait aucune raison de craindre que cela donne lieu à une nouvelle enquête pour résoudre un crime.

Quel crime, d'ailleurs?
Les morts, c'est vrai, commençaient à se compter en nombre dans le petit village de Cabestany, situé presque au pied des murailles de Perpignan. Mais seule une maladie inconnue, soudaine et meurtrière, était en cause.
C'est pour l'aider à la vaincre qu'un confrère, vieil ami de Francisco, l'appela au secours. Et que bien sûr ce dernier m'emmena avec lui.

Sur place pourtant, il ne me fallut pas longtemps pour être mêlé aux agissements de plusieurs individus aux activités étranges et souvent troubles.
Une nouvelle fois, les fils imbriqués que je démêlais petit à petit m'entraînèrent au cœur d'un véritable complot qui aurait pu être extrêmement grave...

Mais je ne vous en dis pas plus!

Juste deux choses, toutefois.
   - Pour des raisons qu'il n'a pas voulu m'expliquer (quel cachotier!), Patrick m'a dit que Cabestany est un lieu qui a beaucoup compté dans sa propre vie. Et que ceux d'entre vous qui le connaissent le mieux devraient reconnaître dans son livre des lieux tout particuliers pour lui.
Vous me direz lesquels!... wink

   - Pour acquérir le livre, il vous conseille de lui écrire directement (grodno@netcourrier.com) pour qu'il vous donne toutes les indications.
Le canal de Cabestany - 2019 - 398 pages - 14 € (+ frais postaux)

Bonne lecture à tous!

Quant à moi, j'espère que tous les malfaisants de la région vont bien vouloir me laisser tranquilles durant quelques temps...

J'ai bien mieux à faire qu'à leur courir après, désormais...

Publié dans Mes enquêtes

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Reprise d'activités...

Publié le par Patrick Dombrowsky

C'est une question qui me taraude depuis longtemps: comment reprendre un fil régulier de messages, lorsque les contraintes et les aléas de la vie quotidienne l'ont interrompu?

J'ai oublié le nom de cet universitaire espagnol engagé aux côtés des Républicains qui fut chassé de son poste à la victoire des Nationalistes et dut attendre la mort de Franco, 40 ans plus tard, pour reprendre ses cours. L'amphithéâtre était bondé lorsqu'il arriva. Tous étaient dans l'attente fébrile des paroles forcément historiques qu'il allait prononcer.
Une fois installé, il démarra tout simplement: " Comme je le disais en terminant la dernière fois...etc..."

Ne devrais-je finalement pas faire ainsi? Faire comme si de rien n'était?

Après avoir terminé avec succès le DU de généalogie dont je vous avais parlé, et qui m'a tant occupé cette année; après avoir terminé (aussi) le quatrième roman issu des enquêtes de Jaume Ribera (Le canal de Cabestany); après avoir tenté d'imaginer vers quoi je pourrai tourner mes futures activités; saurai-je redonner corps à ce blog, qui vous a déjà beaucoup promenés dans ce Roussillon du XVII° siècle durant lequel vivait Jaume, mais que lui et moi aimerions tant vous faire encore plus aimer?

Je l'espère.
L'essentiel est de vous avoir retrouvés, fidèles lecteurs, et d'avoir renoué le lien de ces échanges.
Pour toujours plus de découvertes ensemble...

Publié dans De la part de Patrick

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De longs silences...

Publié le par Patrick Dombrowsky

Jaume n'en finit plus de me houspiller!

"C'est bien la peine que je me fatigue à te raconter des choses sur ma région, si tu ne les publies pas!..." ne cesse-t-il de me répéter.

Et il a raison. Je lui dois des explications.
Et à vous aussi, fidèles lecteurs...

D'explication, il n'y en a en fait qu'une: je suis revenu à l'école!...
Plus précisément, j'ai entamé il y a quelques mois (en plus de mes activités professionnelles habituelles) une formation à distance en généalogie.
 

À l'Université du Mans

Oui, je sais! Ceux qui me connaissent un peu savent que de la généalogie, cela fait 40 ans que j'en fais (oups! le coup de vieux!...).
Mais il y a tant d'aspects dans lesquels j'étais totalement ignorant, ou presque: la paléographie, la généalogie immobilière, la cartographie généalogique...
Bref, c'est avec tout cela que je me familiarise depuis septembre dernier.

Le souci, c'est que cette formation demande du travail. De lecture des cours, de rédaction, de recherches, surtout... Et que ces travaux prennent du temps. Beaucoup de temps.
Temps que je dois hélas prendre sur certains à-côtés, dont ce blog.

Alors pas de panique. Je n'abandonne pas Jaume dans son XVII° siècle, et je compte bien continuer à vous faire partager les textes qu'il vous destine. Quitte à ce que ce soit à un rythme plus lent, pendant encore quelques mois.

Et pour me faire pardonner cette baisse de régime, un petit scoop! Si tout ce passe comme je l'espère, une nouvelle enquête de notre médecin argelésien favori devrait être publiée d'ici à la fin du printemps.

Mais chuttt! Jaume ne le sait pas encore!
 

 

Publié dans De la part de Patrick

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Le Conflent

Publié le par Jaume Ribera

C'est d'une région que je n'ai jamais eu l'occasion de visiter, que je vous parle aujourd'hui.
"Mais alors, que va-t-il nous en raconter?" pensez-vous sans doute.
Tout simplement, ce que j'en ai entendu dire par des proches qui le connaissent bien. Et notamment mon ami Emanuel d'Oms, qui y a eu de nombreuses possessions, et qui y compte plusieurs amis et des soutiens dans sa rébellion contre les autorités françaises.

Le Conflent, c'est l'exact contraire du Roussillon, que je vous ai déjà présenté. C'est l'espace montagnard de notre région catalane.
Mais là où le Canigó, notre montagne emblématique, est un massif qui se dresse isolé, dominant toute la plaine roussillonnaise, le Conflent appartient pleinement à la chaîne des Pyrénées, sans qu'il soit réellement facile d'identifier tel ou tel de ses espaces.

Le relief particulièrement tourmenté et spectaculaire de la haute montagneLe relief particulièrement tourmenté et spectaculaire de la haute montagneLe relief particulièrement tourmenté et spectaculaire de la haute montagne

Le relief particulièrement tourmenté et spectaculaire de la haute montagne

En fait, il existe trois Conflent, subdivisions intérieures de cette vaste étendue (ci-dessous en rouge) structurée par le cours de la Têt.

Une représentation évidemment schématique

Le Bas-Conflent (en bleu) est la partie la moins élevée. Il est aussi celui dont l'organisation, géographique et humaine, est la plus dépendante du voisinage avec la Têt. C'est celui que Francisco, Sylvia et moi avons visité et parcouru lors de ma dernière enquête (Le novice de Serrabona). Très agricole, aux vergers et aux champs réputés pour leurs productions en fruits et en légumes, bien plus qu'en céréales, c'est une région riche, dès lors que les rigueurs du climat ne sont pas excessives. Les villages y sont nombreux, bien que séparés et morcelés, regroupant une population nombreuse.

Et bien sûr, toujours visible, le Canigó

Le Haut-Conflent (en vert) est l'ensemble le plus loin de la plaine. Emanuel m'a parlé de ses versants de montagnes abrupts, de ses sommets souvent longuement enneigés, de ses forêts parfois mystérieuses et impénétrables, de ses villages épars et totalement isolés les uns des autres, regroupés autour de petites églises datant souvent de plusieurs siècles. J'espère avoir un jour l'occasion de visiter ces contrées; mais je ne peux quand même pas soudoyer quelqu'un pour commettre un crime dont on me confierait la résolution!...

Villages hauts perchés ou lovés dans les vallées

La zone indiquée en jaune sur la carte ci-dessus, je ne sais pas vraiment comment il faut l'appeler. Mais elle est vraiment distincte des deux autres. S'étendant de Valmanya à Casteil, elle se situe en fait sur les pentes du Canigó. C'est la partie conflentoise du massif. Un espace de vallées encaissées, de mines, de villages pauvres, de magnifiques édifices religieux perchés dans d'improbables endroits, également. J'ai ainsi un souvenir à la fois ému et impressionné de l'abbaye de Sant Marti del Canigó.

Un impressionnant nid d'aigles

Vous l'avez compris, le Conflent est une terre propice à bien des mystères, et bien des explorations.

Je vous y conduirai à nouveau...

Publié dans Ma région

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