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Perpignan la souterraine

Publié le par Jaume Ribera

Comment le dire de la façon la plus simple, mais la plus correcte, qui soit? En fait, il existe deux villes superposées à Perpignan.

L'une grouillante de population, aux ruelles multiples et entrelacées, aux innombrables églises et chapelles, est celle que nous connaissons tous. Celle dont les plans décrivent l'ordonnancement finalement assez chaotique.

Le Perpignan de mon époque

Cette ville a un souci majeur, que Patrick évoque souvent dans les romans qu'il consacre à mes enquêtes: elle est presque dépourvue d'eau. D'eau courante, je veux dire. Celle que les habitants consomment et utilisent pour leurs besoins les plus immédiats. La Bassa, dont le débit n'est pas toujours très abondant d'ailleurs, coule à l'extérieur des remparts, qu'elle longe au nord de la vile. Quant à la Têt, elle est encore plus éloignée. Nul cours d'eau pour le moins sérieux ne pénètre dans la ville.

Alors il a fallu s'organiser. Tôt.
Lorsque Perpignan est devenue capitale du royaume de Majorque, au XII° siècle, et lorsque les rois y ont fait construire leur palais qui sert de forteresse de nos jours, il a bien fallu trouver des solutions pour faire arriver l'eau, au moins jusqu'au siège du pouvoir royal.

La solution consistant à creuser des puits était certes la plus pratique, puisque la proximité de la mer et des anciens marécages (pas encore tous asséchés, à l'époque de la fondation du royaume de Majorque) faisait que les nappes d'eau n'étaient jamais très lointaines. Mais cette solution ne pouvait pas être utilisée partout. Le coût des puits faisait hésiter les consuls de la ville. Et d'autre part, il y a plusieurs collines à l'intérieur de Perpignan (dont une au niveau du Palais, d'ailleurs), ce qui obligeait à des creusements beaucoup plus profonds et difficiles à entretenir.

Alors on est allé chercher l'eau ailleurs. Dans les rivières descendant des montagnes du Conflent, plus précisément. Un long canal, qui prit le nom de Canal royal, fut construit. Mais encore fallait-il que l'eau qu'une dérivation apportait vers Perpignan pût entrer dans la ville et surtout pût y être stockée, et enfin distribuée dans toute la cité.

Pour faire entrer l'eau, il suffisait d'en franchir les murailles. Ce qui fut fait en doublant certaines entrées de la ville de petits aqueducs. Il en exista deux. L'un arrivait du côté de la porte Saint Martin, à l'ouest de la ville. Mal entretenu, et fortement endommagé durant les années de guerre, il ne sert quasiment plus. En revanche, celui qui arrive près de la citadelle et de la porte d'Elne, lui, est toujours en fonctionnement.

L'aqueduc de la porte d'Elne (avant que celle-ci soit murée, bien après l'époque de Jaume)

Et c'est là que commence l'histoire de Perpignan la souterraine!...
L'eau qui arrive par ce fragile aqueduc est tout d'abord stockée dans un immense réservoir. Le premier fut creusé sous le palais royal lui-même. Mais il a été agrandi depuis.

Ce réservoir est une immense salle voûtée, de construction solide, dans laquelle les lecteurs de ma dernière enquête ont pu pénétrer. À partir d'elle partent de nombreuses canalisations, dont le rôle est de conduire l'eau dans tous les quartiers de la ville.

Un lieu très impressionnant, et vital pour la ville

Peut-être un jour quelqu'un étudiera-t-il tout ce réseau caché (Patrick me dit que certains sont en train de le faire, à vote époque). Alors bien sûr, quand j'ai titré "Perpignan la souterraine", j'ai un peu joué sur les mots. Car personne ne vit là!
Mais comment ne pas penser, lorsqu'on marche dans la ville, que sous nos pas se trouve un aussi dense réseaux de canalisations? Certaines sont abandonnées, et bien sûr à votre époque elles ont été remplacées (ou complétées) par des systèmes différents. Mais nombreuses sont celles qui sont encore en service, de mon temps.
À l'autre bout de ces canalisations, l'eau se déverse dans autant de petits réservoirs qu'il y a de fontaines dans Perpignan. Et Dieu sait qu'il y en a beaucoup, et de très anciennes!

En haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des Potiers
En haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des PotiersEn haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des Potiers
En haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des PotiersEn haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des Potiers

En haut: canalisation souterraine; puis les fontaines du Mas Saint Jean (la plus ancienne), des Carmes, de l'Hôpital et des Potiers

Car c'est grâce à ces multiples fontaines que les habitants peuvent venir chercher (en veillant à éviter les gaspillages) le liquide si précieux.

Aux fontaines, et à toutes les installations de Perpignan la souterraine!...

Publié dans Ma région

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Cabestany

Publié le par Jaume Ribera

C'est donc à Cabestany, vous le savez maintenant, que s'est déroulée ma dernière enquête, qui a donné lieu au quatrième roman écrit par Patrick.

Je ne connaissais pas Cabestany. C'est un tout petit village, tout proche de la grande ville de Perpignan (côté citadelle).

À peine une demi-lieue catalane sépare Cabestany des murailles de Perpignan

Un village un peu étrange, en vérité. L'église y est totalement excentrée, au lieu d'être au cœur des maisons, comme c'est souvent le cas dans les villages les plus petits. Et les habitations, loin d'être regroupées et serrées les unes contre les autres, sont souvent séparées par de petits jardins, ou même par des correcs, ces petits ruisseaux (la plupart d'entre eux étaient à sec quand j'y suis allé) servant à la fois à l'arrosage et aux besoins d'eau pour les habitants. Alors que beaucoup des petits villages de notre région donnent l'impression d'une population très regroupée, Cabestany m'est apparu comme un village éclaté, presque sans ordre dans ses constructions.

En grisé, les maisons et autres constructions

Cela tient peut-être aux origines du village. Le curé du lieu, que j'ai beaucoup rencontré durant les quelques jours que Francisco et moi avons passés là-bas, m'a expliqué que les premières mentions de Cabestany dans les textes anciens datent de la fin du premier millénaire. Et à l'époque, l'endroit était un simple village de pêcheurs. Ne cherchez pas sur la carte: il n'y a pas d'étendue d'eau aux alentours, et la mer est quand même éloignée.

Alors... Pêcheurs où? Dans un étang qui se trouvait au Sud-Est du village (en bas à droite du plan ci-dessus), qui a fait partie des nombreuses étendues d'eau asséchées par les Templiers aux XII° et XIII° siècles. Je vous ai parlé, dans un texte antérieur, de cet assèchement massif des étangs de la côte et de la plaine. C'était d'abord pour rendre la région plus salubre (ces étendues d'eau étaient peu profondes, donc assez largement stagnantes et constituaient un paradis pour les insectes divers). Mais c'était aussi pour augmenter les surfaces agricoles, pourvoyeuses de revenus. Pas fous, les Templiers obtinrent des droits féodaux sur toutes les terres ainsi asséchées.
Et quand l'Ordre du Temple fut détruit, c'est l'Ordre des Frères Hospitaliers qui récupéra tous ces droits. D'ailleurs, à l'heure actuelle, Cabestany est toujours contrôlé par la commanderie Hospitalière de Bajoles et par son revêche commandeur, Ramon de Soler.

Petit village, faible population donc. Il n'y a pas plus d'une trentaine de focs (les foyers, unité de compte des populations à mon époque; on estime qu'un foc représente 5 personnes en moyenne). Et pas plus de deux grosses fermes, hormis les mas environnants (pas très nombreux, d'ailleurs) vers Saleilles et surtout Saint Nazaire.

C'est pour cela que la meurtrière maladie qui a soudain frappé le village y a été une telle tragédie!...
Mais cela, c'est le livre de Patrick qui vous le racontera...

Le roman narrant ma quatrième enquête

 

Publié dans Ma région

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Quatrième roman

Publié le par Jaume Ribera

Il était attendu, oserai-je le dire?, avec une certaine impatience...

Le quatrième roman issu de mes enquêtes est désormais disponible!

Le canal de Cabestany.

Une bien belle couverture, réalisée par Alexandre


À l'origine, il n'y avait aucune raison de craindre que cela donne lieu à une nouvelle enquête pour résoudre un crime.

Quel crime, d'ailleurs?
Les morts, c'est vrai, commençaient à se compter en nombre dans le petit village de Cabestany, situé presque au pied des murailles de Perpignan. Mais seule une maladie inconnue, soudaine et meurtrière, était en cause.
C'est pour l'aider à la vaincre qu'un confrère, vieil ami de Francisco, l'appela au secours. Et que bien sûr ce dernier m'emmena avec lui.

Sur place pourtant, il ne me fallut pas longtemps pour être mêlé aux agissements de plusieurs individus aux activités étranges et souvent troubles.
Une nouvelle fois, les fils imbriqués que je démêlais petit à petit m'entraînèrent au cœur d'un véritable complot qui aurait pu être extrêmement grave...

Mais je ne vous en dis pas plus!

Juste deux choses, toutefois.
   - Pour des raisons qu'il n'a pas voulu m'expliquer (quel cachotier!), Patrick m'a dit que Cabestany est un lieu qui a beaucoup compté dans sa propre vie. Et que ceux d'entre vous qui le connaissent le mieux devraient reconnaître dans son livre des lieux tout particuliers pour lui.
Vous me direz lesquels!... wink

   - Pour acquérir le livre, il vous conseille de lui écrire directement (grodno@netcourrier.com) pour qu'il vous donne toutes les indications.
Le canal de Cabestany - 2019 - 398 pages - 14 € (+ frais postaux)

Bonne lecture à tous!

Quant à moi, j'espère que tous les malfaisants de la région vont bien vouloir me laisser tranquilles durant quelques temps...

J'ai bien mieux à faire qu'à leur courir après, désormais...

Publié dans Mes enquêtes

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Reprise d'activités...

Publié le par Patrick Dombrowsky

C'est une question qui me taraude depuis longtemps: comment reprendre un fil régulier de messages, lorsque les contraintes et les aléas de la vie quotidienne l'ont interrompu?

J'ai oublié le nom de cet universitaire espagnol engagé aux côtés des Républicains qui fut chassé de son poste à la victoire des Nationalistes et dut attendre la mort de Franco, 40 ans plus tard, pour reprendre ses cours. L'amphithéâtre était bondé lorsqu'il arriva. Tous étaient dans l'attente fébrile des paroles forcément historiques qu'il allait prononcer.
Une fois installé, il démarra tout simplement: " Comme je le disais en terminant la dernière fois...etc..."

Ne devrais-je finalement pas faire ainsi? Faire comme si de rien n'était?

Après avoir terminé avec succès le DU de généalogie dont je vous avais parlé, et qui m'a tant occupé cette année; après avoir terminé (aussi) le quatrième roman issu des enquêtes de Jaume Ribera (Le canal de Cabestany); après avoir tenté d'imaginer vers quoi je pourrai tourner mes futures activités; saurai-je redonner corps à ce blog, qui vous a déjà beaucoup promenés dans ce Roussillon du XVII° siècle durant lequel vivait Jaume, mais que lui et moi aimerions tant vous faire encore plus aimer?

Je l'espère.
L'essentiel est de vous avoir retrouvés, fidèles lecteurs, et d'avoir renoué le lien de ces échanges.
Pour toujours plus de découvertes ensemble...

Publié dans De la part de Patrick

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