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L'église Santa Maria de Collioure

Publié le par Jaume Ribera

Alors là je vous avertis tout de suite: ce n'est pas la peine de chercher: vous ne trouverez plus aucune trace de cette église!...
Patrick me dit d'ailleurs que je verrai sa destruction, ainsi que celle de l'essentiel de la cité de Collioure, de mon vivant. Il n'a pas voulu me dire exactement quand, mais j'ai dans l'idée que ce sera dans pas très longtemps.

Pour moi, c'est quelque chose d'assez inimaginable... En dehors de toute période de guerre, procéder à la destruction d'une cité entière, et finalement à son déplacement!... Et pourquoi? Pour agrandir les fortifications du vieux château royal, tout simplement. Je suppose que je n'ai pas fini d'en entendre parler!...

Comme je vous l'ai déjà dit dans un des premiers textes de ce blog (cela m'amuse, en mon XVII° siècle, d'employer ce terme pleinement de votre époque...), le Collioure de mon temps ne ressemble absolument pas à celui que vous connaissez.

Ne vous fiez pas au dessin des voies dans la partie longeant la côte: le dessinateur a fait preuve de beaucoup d'imagination!

Comme Elne, la cité est géographiquement divisée en deux parties: la ville haute, à l'ouest du vieux château royal (d'après Patrick, c'est elle qui va être détruite), et une sorte de ville basse, tout le long de l'anse que fait la mer entre le château et le vieux fort Sainte Thérèse construit il y a un peu plus d'un siècle. Mais cette dernière est beaucoup moins habitée que la ville haute: il n'y a pas plus d'une quinzaine de feux, sur la centaine que compte la totalité de Collioure (qui est quand même plus peuplée que ma cité d'Argelès, avec ses 500 habitants environ).
Si vous ajoutez quelques maisons à proximité du couvent des bénédictins, constituant un tout petit faubourg dans l'anse méridionale faite par la mer, au pied du Fort Saint Elme, vous avez une vision assez complète du Collioure que je connais.

La vision que j'ai de Collioure, quand je viens d'Argelès

Le tout est puissamment entouré par un ensemble de tours, plus modestes et surtout plus proches que la Madeloc ou la Massane, qui servent à la fois de fanaux pour les navires, et de compléments aux fortifications de la cité.
D'est en ouest, vous avez la tour de la Guardia, qui a constitué la base de construction du fort Saint Elme; la tour d'Avall, entre les remparts et le couvent des dominicains (vous la connaissez sous le nom de Tour de la douane); la tour del Far qui commande l'entrée du port, et dont Patrick me dit sans entrer dans les détails qu'à votre époque, elle est connue dans le monde entier (il doit exagérer...); et enfin la tour du Puig Musard, à l'intérieur du fort Sainte Thérèse, et qui paraît-il sera détruite avec lui.

Et l'église Santa Maria, alors? Sa situation est assez curieuse: elle est exactement à l'intersection des deux parties de la cité. Adossée au rempart principal, elle s'ouvre vers la ville haute par un portail latéral, sans grande originalité et finalement plutôt banal. Son clocher, rectangulaire et légèrement excentré, la sépare de la partie basse de la cité, celle qui longe la mer jusqu'à la Tour del Far. Santa Maria est l'église paroissiale de Collioure depuis au moins le début de notre millénaire.

Plus encore que celle d'Argelès, c'est une église située aux marges de la cité

Elle est relativement classique dans sa conception, fréquente parmi les églises de notre région, dès lors qu'elles n'ont pas un passé au sein d'une abbaye ou d'un monastère: une nef unique, des parois fortifiées, une voûte assez haute.

Vouée à la Vierge Marie, dont une statue survivra à la destruction future de l'endroit, elle est fonctionnelle, et sans grâce excessive. Ce qui n'empêche que je la regretterai, sans savoir encore où et comment sera construite la future église.

Les habitants de la cité aussi la regretteront, s'ils sont autorisés à rester après la suppression de leurs habitations.

Nota: Je remercie Alexis Aloujes, qui m'a fait parvenir (via Patrick) les documents illustrant ce billet.

Publié dans Ma région

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Nos anniversaires

Publié le par Jaume Ribera

Allez savoir pourquoi (!), mais Patrick m'a demandé il y a quelques jours de publier aujourd'hui un texte sur la façon dont nous célébrons nos anniversaires, dans mon XVII° siècle catalan.

J'avoue que sa demande m'a un peu surpris. Quelle drôle d'idée, pour nous, de marquer d'une manière particulière le jour de sa naissance!...

Bon là, je vous arrête tout de suite, car j'en entends déjà certains rigoler franchement: "De toutes façons, à l'époque de Jaume, disent-ils, les gens ne savaient même pas quand ils étaient nés. Et ils ne connaissaient donc pas leur âge!..."
Ben voyons!... Voilà encore une des bêtises dont votre époque est souvent persuadée, au sujet de la mienne, et que vous devez chasser de votre esprit dès que possible... Bien sûr que nous connaissons notre âge, et que nous savons parfaitement quand nous sommes nés!

Et pourtant, tous ceux de votre époque qui furètent dans les vieux registres de la mienne ont remarqué les imprécisions, et parfois les erreurs, quand l'âge est indiqué. La raison est simple: nous n'avons jamais besoin de l'indiquer précisément. Quand nous nous marions, quand nous faisons baptiser un enfant, quand nous rédigeons un testament, est-ce réellement important de savoir si nous avons 25 ou 27 ans? 58 ou 62 ans?
N'oubliez pas, de plus, que les documents erronés auxquels vous pensez ne sont jamais rédigés par nous-mêmes. Et que ce sont souvent des proches (simples voisins, amis, parents plus ou moins éloignés) qui ont donné les indications au rédacteur de l'acte. Cela multiplie le risque des approximations.
Ces dernières, en fait, ne sont vraiment importantes (dix ans, quinze ans d'écart avec la réalité...) que lorsqu'il s'agit de personnes très âgées. Parce que dans ces cas, rares sont ceux qui sont eux-mêmes assez âgés pour corriger un souvenir trop imprécis chez l'intéressé.

Dans l'acte de décès de Catharina Figueres, le curé précise qu'elle était âgée de 90 ans, mais ajoute aussitôt: "poch mes o menis"... Un peu plus ou moins...

Mais pour la plupart d'entre nous, je le répète, nous connaissons notre âge. Le seul renseignement qu'il nous manque souvent, c'est le quantième du mois. En ce qui me concerne, par exemple, je sais très bien que je suis né en 1630. En juillet. Plutôt vers la fin du mois... Mais pour trouver que c'était le 25, il m'a fallu demander au curé Morato (un jour où il était de bonne humeur...) de bien vouloir chercher dans ses registres.
Pourquoi cette ignorance, quasi générale, sur le jour précis de la naissance? Tout simplement parce que nous n'avons jamais besoin de nous en souvenir. À quoi cela pourrait-il bien nous servir?

À faire la fête, chaque année, lors du même jour?

Rien de tout cela n'existe pour nous (même en catalan)!...Rien de tout cela n'existe pour nous (même en catalan)!...Rien de tout cela n'existe pour nous (même en catalan)!...

Rien de tout cela n'existe pour nous (même en catalan)!...

C'est sans doute de là que vient cette croyance selon laquelle nous ne savons pas de quand date notre naissance: nous ne fêtons pas ce que vous appelez nos anniversaires!...
Pourquoi? Pour trois raisons, essentiellement.

Comme vous l'avez sans doute compris depuis que vous me lisez, la société dans laquelle je vis est fortement influencée par l'Église catholique. Or, celle-ci a toujours été réticente vis-à-vis de toutes les célébrations entourant la naissance. Peut-être parce que celle-ci est l'aboutissement du péché originel, se répétant lors de chaque conception. Quoi qu'il en soit, nos curés préfèrent que les éventuelles réjouissances aient uniquement lieu lors de la fête du Saint patron auquel les enfants ont été voués. C'est d'ailleurs pour cela que les chrétiens protestants, qui eux n'accordent pas d'importance aux saints, célèbrent les anniversaires; cela avait frappé Francisco, lorsque les voyages de sa jeunesse l'ont mené dans les Charentes protestantes.

Par ailleurs, les naissances se déroulent parfois mal. Hélas trop souvent, encore, même si la situation s'améliore à ce sujet, la mère ne survit pas à un accouchement. Ou le bébé ne parvient pas à vivre. La naissance d'un enfant est parfois associée à tant de souvenirs douloureux que personne ne ressent le besoin de la commémorer durant les premières années. Or, c'est durant l'enfance que ce type d'habitudes devient rituel.

Enfin, et cela aussi vous l'avez compris, notre société est plus collégiale qu'individualiste. Les occasions de réjouissances sont rarement associées à un individu seul. L'anniversaire, c'est la commémoration de la naissance d'un seul. Patrick me dit qu'il faudra deux bons siècles après mon époque pour que l'individu devienne un acteur social à part entière.

Vous l'avez compris: on n'est pas sur le point de célébrer un anniversaire, dans nos contrées!...

Ce qui ne nous empêche pas de nous amuser, en d'autres occasions, croyez-le...

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La cathédrale de Perpignan

Publié le par Jaume Ribera

Parce que Perpignan fut capitale, durant même pas un siècle (1276-1349) à l'époque du Royaume de Majorque, l'Histoire l'a dotée d'une cathédrale. Il existait déjà dans la ville, même réduite à ses modestes dimensions du Moyen-Âge, un assez grand nombre d'églises et d'implantations religieuses. Mais aucun de ces lieux n'avaient la taille ni la prestance d'une vraie cathédrale. D'un lieu qui, à lui seul, symboliserait au plan religieux la splendeur de la dynastie des rois de Majorque, comme leur Palais attestait de leur puissance terrestre.

Bien que capitale d'un royaume, la ville était bien plus petite que celle que je connais à mon époque

Alors, à partir du tout début du XIV° siècle, commencèrent les travaux d'édification d'une vraie cathédrale. Le projet initial était considérable, démesuré même: trois nefs, triple abside, multiplicité des chapelles sur les bas-côtés... Tout cela n'était pas vraiment raisonnable, il faut le reconnaître.
Certes, les bâtisseurs ne partaient pas sur rien: la vieille église de Saint Jean (désormais appelée Saint Jean le Vieux), légèrement excentrée vers l'est de la ville, avait été choisie pour servir de base architecturale au nouvel édifice. Mais même avec cette précaution, la construction de la cathédrale fut un échec.

Et c'est pour cela que la principale église de Perpignan arbore encore à mon époque l'aspect inachevé qui est le sien.

Pourquoi cet échec? Un enchaînement malheureux de circonstances historiques... Il faut être bien conscient qu'une telle construction était, au Moyen-Âge, un chantier qui s'étalait sur plusieurs décennies. Il fallait donc avoir la durée pour soi. Or, commencée en 1324, la cathédrale de Perpignan n'a eu que vingt ans durant lesquelles on put travailler réellement à sa construction. Dès 1344 en effet, le royaume de Majorque commença à s'effondrer, son roi Jaume III fuyant en exil devant les forces de son cousin Pere IV d'Aragon.
Et quelques années plus tard, une terrible épidémie de peste noire ravagea tout le continent européen, et donc notre région aussi.
L'heure n'était plus aux grands chantiers!...

Ce n'est que plusieurs décennies plus tard, à partir des années 1440, que le projet fut repris, revu à la baisse, moins majestueux et plus hétéroclite. Mais il fallut attendre 1509 pour qu'enfin la cathédrale fût consacrée officiellement. Et encore un siècle, je vous l'ai déjà raconté, pour qu'elle supplante Elne comme siège du diocèse épiscopal.

À quoi ressemble-t-elle, cette cathédrale Saint Jean-Baptiste, telle que je peux la voir? Deux choses frappent le regard, quand on la découvre pour la première fois.

Tout d'abord, elle n'a pas de clocher!... Patrick me dit qu'avant votre époque, un petit clocheton (mais un seul!...) lui a été ajouté. Mais de mon temps: rien!

Avouez que c'est un peu étrange, une cathédrale sans clocher!...

Par ailleurs, il n'y a pas non plus de parvis. Seule une rue, assez étroite, permet d'accéder au bâtiment. Il paraît qu'on a un peu élargi et enjolivé l'endroit, bien après mon temps, mais là encore il y a un côté indéniablement moyenâgeux à cette cathédrale tellement insérée au milieu des habitations environnantes qu'elle n'est même pas mise en valeur.

Et pourtant, elle est majestueuse!... La nef est large, haute, richement meublée d'objets religieux.

Plus majestueuse à l'intérieur que dehors...

La construction est massive et solidement fortifiée...

Un édifice en apparence imprenable

Mais elle ne se conçoit qu'insérée au sein de la ville. Cette ville grouillante et sans cesse animée qui lui fait comme un écrin, au milieu des échoppes des artisans du quartier.

Comme si même dans l'édifice majeur de sa vie religieuse, Perpignan ne parvenait pas à faire oublier qu'elle n'est devenue que bien tard la principale ville de notre région.

Publié dans Ma région

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L'apothicaire

Publié le par Jaume Ribera

S'il est un corps de métier que je devrais être amené à fréquenter régulièrement, c'est bien celui des apothicaires!...

Chaque apothicaire a son enseigne distinctive, parfois très stylisée...


Et pourtant, ce n'est pas souvent le cas. Tout simplement, parce qu'il n'y en a pas à Argelès. Aussi étrange que cela puisse paraître, alors que nous sommes plusieurs médecins dans la cité, il n'y a aucune boutique vouée à nous approvisionner en onguents, remèdes, potions, et autres substances. Sans doute parce qu'Argelès est très proche de la montagne, où nous allons nous-mêmes nous approvisionner en herbes sauvages, en racines, en fleurs aux propriétés médicinales utiles.

Contrairement à ce qui se pratique à votre époque, ce ne sont pas les malades ou même leurs proches qui, en général, se rendent chez l'apothicaire. C'est nous, les médecins, qui sommes ses interlocuteurs. Lui nous fournit en médecines diverses, que nous distribuons à nos malades.
Bien sûr, pour certaines substances de confort, ou dans le cas de traitements de longue durée, la boutique de l'apothicaire peut recevoir la visite de gens qui ne sont pas médecins. Ceux d'entre vous qui ont lu les livres que Patrick a écrits à partir de mes enquêtes se souviennent peut-être que Joan Salas, l'impérieux batlle de Palau, achetait lui-même son baume de germandrée directement à Elne, où un vieil apothicaire exerce toujours malgré le déclin démographique de sa cité (Les anges de Saint Genis).

Pour ma part, je regrette qu'il n'y ait pas une telle boutique à Argelès. Non pas pour m'y fournir en remèdes... Je prépare moi-même la plupart de ceux dont j'ai besoin, et dans certains cas, Francisco et même Sylvia m'apportent leur aide. Non. Ce que je regrette, c'est la boutique elle-même.

Plus ou moins luxueuses selon la richesse des boutiques, les armoires d'apothicaires renferment des quantités impressionnantes de substances recherchées

Dernièrement, lors de ma récente enquête dont Patrick est en train de rédiger le livre, j'ai été amené à fréquenter l'une d'entre elles, près de Perpignan. Quel ravissement!...
Quand on entre dans la boutique, on pénètre dans un paradis d'odeurs, de parfums, de récipients tous différents et aux contenus mystérieux...

Soit le marchand dispose du produit dont vous avez besoin, pour les cas simples, et il vous en vend la quantité demandée. Sinon, très souvent, il doit réaliser la préparation que lui demande le médecin. Dans sa boutique, l'apothicaire dispose en effet toujours d'un coin voué à de telles préparations, qu'il effectue lui-même. Un long plan de travail, encombré (mais pas trop: c'est un métier où un rangement sûr est une nécessité) d'outils et d'instruments qu'il est le seul à utiliser, avec parfois son apprenti lorsqu'il en forme un.

Mortier, pots, poêlon... Les ustensiles de base de l'apothicaireMortier, pots, poêlon... Les ustensiles de base de l'apothicaireMortier, pots, poêlon... Les ustensiles de base de l'apothicaire

Mortier, pots, poêlon... Les ustensiles de base de l'apothicaire

Vous l'aurez compris: l'apothicaire est quelqu'un d'important au sein de nos communautés. C'est pour cela que n'importe qui ne peut pas exercer ce métier. La profession, en effet, est très règlementée, quel que soit le pays dans lequel on se trouve. C'était déjà le cas dans le royaume d'Espagne. Et il semble que le contrôle exercé par nos nouveaux maîtres français soit encore plus strict. Partout dans le royaume, existent des confréries d'apothicaires, qui jouissent de nombreux privilèges et monopoles. Les autorités sont en train de faire entrer les apothicaires du pays catalan dans ces schémas français.

Et ce n'est pas simple!...

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La commanderie de Bajoles

Publié le par Jaume Ribera

Vous n'espériez quand même pas y échapper!...
À partir du moment où je vous ai parlé du Mas Deu, la commanderie principale de l'Ordre des Frères Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, lointains successeurs dans notre région des Templiers du Moyen-Âge, il fallait que je vous parle aussi de la commanderie de Bajoles.

Avec une difficulté de taille pour vous: il va vous falloir me croire sur parole!
Patrick m'a en effet dit, quand je lui ai raconté les péripéties de ma dernière enquête, qu'il ne reste plus rien de Bajoles, à votre époque, hormis quelques vestiges que des scientifiques ont entrepris de fouiller!
Si Ramon de Soler, le difficile et ombrageux commandeur des lieux, que j'ai dû lui aussi côtoyer (affronter?) savait cela!... Lui qui est si fier de la rapidité et de l'efficacité avec laquelle il a réussi à effacer les destructions de la guerre franco-espagnole.

Il faut dire que la commanderie avait été très touchée par les péripéties du conflit. Sa situation l'y condamnait, d'une certaine marnière. Bajoles est en effet bien plus proche de Perpignan que le Mas Deu. Alors que celui-ci est isolé dans la plaine roussillonnaise, légèrement à l'écart des voies de passage des armées ennemies, la commanderie de Bajoles est située entre Perpignan et Château-Roussillon. À mon époque, c'est un peu à l'écart, mais quand même très près de la ville.

La commanderie a déjà disparu lorsque les cartes de Cassini ont été dressées (début XVIII° siècle)

L'origine de cette commanderie, à l'époque templière, se trouvait dans les nombreuses propriétés et alleux que les riches familles perpignanaises donnaient à l'ordre. La plupart se situant entre la ville et la mer, il fallait une structure pour les administrer qui soit moins éloignée que le Mas Deu. Une solide ferme fortifiée fut donc édifiée sur les riches terres du bassin de la Têt. Mais jamais cette ferme ne concurrença réellement, en pouvoirs ni en influence, la commanderie principale.

À droite: la reconstitution de la commanderie, à partir des vestiges découverts lors des fouilles dont le plan est à gauche. Attention: le sens est inversé entre les deux documents: l'église, en haut sur la reconstitution à droite, est en bas sur le plan à gauche


Jusqu'aux troubles franco-espagnols. Sa proximité avec Perpignan en fit un lieu disputé entre les deux armées: elle commandait un accès important à la ville, à partir de la mer.

Quand je m'y suis rendu, pour les besoins de mon enquête et alors que la paix était revenue, Bajoles faisait tout son possible pour prendre le pas sur le Mas Deu. Une fois de plus, je laisse à Patrick le soin de vous raconter ce qu'il voudra de cette rivalité, qui ne faisait pas les affaires de l'Ordre dans la région.

La commanderie que j'ai connue était fonctionnelle, mais impressionnante. Elle était entièrement structurée autour de la vocation agricole qui était la sienne au sein du partage des tâches parmi les implantations des Hospitaliers. Finalement, elle n'a rien qui la distingue d'un monastère comme les autres. Comme le montrent les pierres tombales du petit cimetière jouxtant l'église, dernière trace du passage de ses quelques moines.

Des lieux fonctionnels, entièrement voués à la gestion des multiples possessions de l'OrdreDes lieux fonctionnels, entièrement voués à la gestion des multiples possessions de l'Ordre
Des lieux fonctionnels, entièrement voués à la gestion des multiples possessions de l'OrdreDes lieux fonctionnels, entièrement voués à la gestion des multiples possessions de l'Ordre

Des lieux fonctionnels, entièrement voués à la gestion des multiples possessions de l'Ordre

À votre époque, je l'ai dit,il ne reste plus rien de visible de cette commanderie. Et pourtant, elle fut elle aussi un lieu de pouvoir et de richesses important dans l'histoire de la région.

Jusqu'à ma période troublée où, comme vous le lirez sans doute sous la plume de Patrick, elle fut l'objet de bien des soubresauts...

Mais chhuuuuuttttt !

Rendez-vous quand le livre sera fini.

Publié dans Ma région

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