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Florins et écus

Publié le par Jaume Ribera

En vous parlant des pallofes, il y a déjà presque un mois, cela ne concernait que de la menue monnaie. Des piécettes sans grande valeur qui permettaient les achats les plus modestes du quotidien. Toutefois bien sûr ces petites monnaies ne constituaient pas les seules circulant dans notre région.

Autant le dire tout de suite: le système monétaire que nous connaissons vit sous le règne d'un désordre indescriptible. Entre les monnaies espagnoles qui continuent d'avoir cours malgré le rattachement de 1659; les monnaies françaises que les autorités essayent d'implanter mais qui sont regardées avec méfiance; les anciennes pièces (parfois fort anciennes) qui n'ont jamais été démonétisées; celles qui ont été plus ou moins retouchées; les monnaies de nécessité dues au manque d'argent durant les périodes de guerre et frappées par diverses autorités... On estime qu'il y a environ 150 pièces différentes en circulation de nos jours!... C'est dire s'il est parfois difficile de s'y retrouver! Et si les échanges commerciaux entre nous tous reposent encore plus que d'habitude sur la confiance.

Certaines de ces pièces ont une très grande valeur: ce sont celles en or, bien entendu.

Lentement, l'écu français remplace le florin espagnol
Lentement, l'écu français remplace le florin espagnol

Lentement, l'écu français remplace le florin espagnol

Bien sûr, dans notre petite cité d'Argelès, il est rare que de telles monnaies soient utilisées. Elles ont trop de valeur! Quoi que ceux d'entre vous qui ont lu ma dernière aventure savent que les écus d'or français ont pu servir parfois de bien noirs desseins.

Quoi qu'il en soit, la valeur des pièces est très fluctuante dans notre région. Et elle repose énormément sur la confiance entre acheteurs et vendeurs... D'une certaine manière, on peut considérer que cela renforce notre tissu social, qui a tant besoin d'être reconstruit.
Même si les nouvelles autorités essaient de mettre de l'ordre dans tout ça, il est à craindre que le désordre monétaire dure encore pendant des décennies... Patrick semble avoir une petite idée là-dessus, mais il refuse de m'en dire plus. Alors même si je sais qu'il collectionne (aussi) les pièces anciennes, je garde ces représentations pour moi!

Quelques exemples tirés de ma bourse!Quelques exemples tirés de ma bourse!
Quelques exemples tirés de ma bourse!Quelques exemples tirés de ma bourse!

Quelques exemples tirés de ma bourse!

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Le dolmen d'Argelès

Publié le par Patrick Dombrowsky

Cette histoire, je tenais depuis longtemps à l'écrire. Non pas que les précédentes furent rédigées sous une quelconque contrainte. Mais au fur et à mesure de leurs parutions, deux manques me taraudaient de plus en plus.

Mon personnage principal avait beau être médecin à Argelès, la cité elle-même était singulièrement absente de ses aventures. Ici ou là ne faisaient qu'apparaître quelques endroits à l'intérieur des remparts ou aux alentours. Mais j'avais le sentiment de ne pas faire (re)vivre ce lieu que pourtant je connaissais si bien et pouvais donc si aisément raconter. Ce n'est pas celui du XVII° siècle que je connais directement, bien sûr, mais l'Argelès d'avant la sur-urbanisation galopante des dernières décennies qui m'a presque effrayé lorsque je l'ai constatée il y a maintenant deux ans...

De 1953 à 2023... Visualisation d'une explosion géographiqueDe 1953 à 2023... Visualisation d'une explosion géographique

De 1953 à 2023... Visualisation d'une explosion géographique

Par ailleurs, et ceci depuis le tout début de la série, j'avais envie d'une histoire centrée sur mes personnages principaux. Dont ils soient à la fois les acteurs et le sujet. Qu'ils soient mieux connus des lecteurs, quitte peut-être à désarçonner un peu ces derniers.

C'est à ce double besoin que répond cette septième enquête menée par Jaume. Le point de départ en est finalement presque anecdotique (si j'ose écrire): le cadavre d'un quasi inconnu qui surgit de terre en pleine chaîne des Albères. Qui était-il? Pourquoi fut-il inhumé là? Le lieu choisi (un vieux dolmen) a-t-il un sens particulier? Pas de quoi broder presque 400 pages, me direz-vous...

Et pourtant! Peu à peu de mystérieux messages, d'étranges inconnus, de lointains souvenirs, jusqu'à des secrets entourant l'enfance de nos héros... viennent épaissir l'énigme initiale de l'inconnu de la Cova de l'Alarb.

La septième couverture

La septième couverture

Autant j'ai parfois rencontré de réelles difficultés pour boucler le récit d'une enquête, autant l'écriture du Dolmen d'Argelès sembla couler de source... Comme si son déroulé était en réalité inscrit quelque part en moi depuis les débuts de la collection.

J'espère que sa lecture apportera autant de plaisir que j'en ai eu à l'écrire!...

Publié dans De la part de Patrick

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Vous avez dit "anachronisme"?...

Publié le par Patrick Dombrowsky

Quand est née l'idée de cet improbable blog à quatre mains par dessus les siècles, le travail entre Jaume et moi a été clairement réparti: à lui la rédaction des posts, à moi la partie technique de la mise en forme. Ce n'est que très rarement que j'interviens directement. Merci donc à Jaume de me laisser le faire aujourd'hui. Pour aborder l'un des pièges majeurs qui guette l'auteur de romans se déroulant dans le passé: les anachronismes.

Bien sûr, ceux qui sont ici représentés sont faciles à éviter et vous ne risquez pas de les trouver un jour au détour d'une enquête de notre héros.

Au XVII° siècle, évidemment...Au XVII° siècle, évidemment...
Au XVII° siècle, évidemment...Au XVII° siècle, évidemment...

Au XVII° siècle, évidemment...

Plus pernicieux sont trois risques majeurs auxquels il convient de veiller durant la rédaction des livres.

1- Utiliser des objets qui n'existaient pas à l'époque. Ceux que j'ai affichés ci-dessus sont des exemples certes caricaturaux. Mais dans d'autres cas, c'est moins évident. La récente mise en version e-book du Capucin de Céret a fait réagir plusieurs lecteurs sur le passage anodin où le notaire Companyo se prépare à plonger dans ses dossiers, après s'être servi un verre de vieux muscat et s'être choisi un cigare. Un cigare! À cette époque! Que n'avais-je pas écrit là! Vade retro, Satanas!...
Et pourtant si! Importé en Europe environ 150 ans avant les aventures de Jaume, le tabac se fumait chez les Mayas enroulé dans des feuilles, souvent de plantes médicinales. Cet usage, ancêtre des actuels havanes ou autres Davidoff, a été importé avec la matière première par les explorateurs et existait donc bel et bien dans nos contrées aux temps de mes livres. Je vous accorde volontiers qu'il n'était sûrement pas très fréquent dans les cités du Vallespir comme Céret. Mais en faire fumer par ce bon Maître Companyo n'était aucunement anachronique de ma part.

2- Employer des connaissances qui n'étaient pas maîtrisées au XVII° siècle. Dans le Fanal de Madeloc, au détour d'une phrase, j'évoque les "temps préhistoriques". Une amie m'a à l'époque objecté que la notion de préhistoire n'était pas vraiment conceptualisée en ce temps-là. Elle avait probablement raison.
En revanche, quand un commentaire sur Amazon me reproche sèchement d'avoir cité de façon anachronique au début du Capucin la recette d'un remède selon la méthode de désignation binominale des plantes "inventée par Linné" un siècle plus tard (Un tiers de Taraxacum officinalis, un tiers de Convolvulus arvensis, et un tiers de Ranunculus repens), je persiste et signe. Car Linné n'a pas inventé cette méthode. Il l'a généralisée!... Elle est en fait issue des travaux des naturalistes Rondelet et Biron au tout début du XVI° siècle. Nul doute que "mon" Francisco Llonch, féru de sciences, connaissait cette technique de dénomination alors âgée de plus d'un siècle...

3- Prêter aux personnages des comportements et des préoccupations "modernes". Il arrive parfois qu'un lecteur s'étonne de voir les interactions fréquentes entre religieux, nobles, artisans, simples paysans, notables, miséreux, soldats... que je dépeins dans la société catalane du milieu du XVII° siècle. Une vision, me dit-on, en total décalage avec le schéma social figé qu'on nous a enseigné (inculqué?) depuis les débuts de la III° république.
Heureusement l'historiographie moderne revient depuis quelques années sur cette vision caricaturale d'un peuple forcément malheureux et écrasé par l'alliance triomphante des nobles et des curés... Bien sûr il y a eu des seigneurs maléfiques et des religieux indignes, comme il y a de nos jours des patrons indélicats et des stars (du sport, des arts, des médias...) méprisants et méprisables. Mais ils n'étaient pas (comme ils ne sont pas) LA société. Or c'est celle-ci que je tente de faire découvrir au fil de mes textes, sans arrière-pensées idéologiques.
Avec toutefois un domaine que je reconnais avoir pour l'instant laissé en friche ou presque: la place des femmes dans cet environnement social. Il ne s'agit pas d'importer la vague #metoo au XVII° siècle de Jaume. Mais il me faudra très certainement corriger cette insuffisance, car c'est une composante importante du fonctionnement social de l'époque.

Ce serait pourant amusant, le mélange des périodes au défi de la réalité chronologique!Ce serait pourant amusant, le mélange des périodes au défi de la réalité chronologique!
Ce serait pourant amusant, le mélange des périodes au défi de la réalité chronologique!

Ce serait pourant amusant, le mélange des périodes au défi de la réalité chronologique!

Ces pièges, j'ai beau y penser en permanence lorsque j'écris (et toujours vérifier), je n'ai toutefois pas toujours su les éviter. Et c'est cela qui est amusant: dans les sept enquêtes publiées à ce jour, au moins deux gros anachronismes ont réussi à passer entre les mailles du filet de mes relectures.
Des vrais, des beaux, des cas d'école... que pourtant jamais à ce jour qui que ce soit ne m'a reprochés.

Je ne vous dirai pas lesquels, attendant avec bienveillance celui ou celle qui saura les détecter. Cela, si vous le souhaitez, vous donnera un prétexte pour replonger dans les précédents ouvrages de la collection Ribera! 😉

Publié dans De la part de Patrick

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Les pallofes

Publié le par Jaume Ribera

Il est arrivé, à deux ou trois reprises, de les trouver mentionnées dans les livres narrant mes enquêtes. Les pallofes, qu'on peut aussi écrire pellofes; de toutes façons, les deux orthographes se prononcent pareil ! Vu le contexte dans lequel on les rencontre, il est aisé de deviner de quoi il s'agit. Ces petites piécettes nous servent de menue monnaie au quotidien, comme si elles étaient réellement de l'argent.

Mais qu'est-ce, précisément, qu'une pallofa?
Le mot lui-même vient du catalan pell, qui signifie la peau. Ces monnaies sont en effet extrêmement minces et seul le fait qu'elles soient en métal (le plus souvent en laiton) empêche de les tordre comme on le ferait d'un simple tissu. Cette très faible épaisseur est d'une part due au souci de ne pas gaspiller trop de matière pour les fabriquer; elle a aussi pour cause le fait que ces objets n'avaient pas pour vocation d'être utilisés fréquemment et de passer de mains en mains.

À l'origine, il s'agit simplement de jetons de présence! Dans les petites paroisses, dotées d'un seul curé qui est à la fois prêtre, vicaire, bedeau... la question ne se pose pas: c'est lui qui fait tout pour l'entretien de son église et la vie spirituelle de la paroisse. Mais dans les cités disposant de plusieurs prêtres, leurs revenus dépendaient aussi de qui avait effectué quoi parmi les multiples tâches et services religieux qu'il fallait gérer. D'où l'idée de donner au desservant une pallofa (ou même plusieurs dans certains cas) qui lui permettrait ensuite d'être rémunéré en argent concret selon le "travail" qu'il aura effectué.

Entre la cathédrale de Perpignan et une petite église de campagne (ici St Marti de Montbram, à Sorède): des besoins différentsEntre la cathédrale de Perpignan et une petite église de campagne (ici St Marti de Montbram, à Sorède): des besoins différents

Entre la cathédrale de Perpignan et une petite église de campagne (ici St Marti de Montbram, à Sorède): des besoins différents

Durant les temps difficiles des années de guerre, l'État espagnol cessa de contrôler quoi que ce fût chez nous, sans que son voisin français se fût réellement installé. La création monétaire n'était une priorité pour aucun des deux en tous cas dans les terres catalanes. Or même si nous avons beaucoup pratiqué le troc, durant ces années-là, on ne peut pas complètement se passer de l'argent.

Peu à peu, il devint habituel de donner des pallofes également aux fidèles qui assistaient aux offices, en commençant par les plus nécessiteux. Certains esprits taquins prétendaient d'ailleurs que cela les motivait plus sûrement que les sermons des curés!... Allez savoir!
Quoi qu'il en soit, les commerçants du quotidien (les boulangers, les bouchers, par exemple) se mirent à accepter ces simples jetons de présence pour être payés quand il s'agissait de petites sommes.

Et c'est ainsi que les pallofes sont devenues une véritable monnaie dans notre société catalane en reconstruction. Des abbayes, des communautés religieuses, certaines cités aussi (Perpignan, Elne, Thuir, Vinça, Ille... mais pas mon Argelès natale, trop petite encore) se mirent à en produire, multipliant les modèles rencontrés. Mais cela n'est pas gênant: rares sont ceux qui attachent de l'importance aux dessins représentés, même s'ils sont rarement vides de sens.

Dans le sens horaire: communauté d'Elne; chapitre diocésain de Perpignan; pallofa d'enterrement; communauté de Saint Jean (Perpignan)Dans le sens horaire: communauté d'Elne; chapitre diocésain de Perpignan; pallofa d'enterrement; communauté de Saint Jean (Perpignan)
Dans le sens horaire: communauté d'Elne; chapitre diocésain de Perpignan; pallofa d'enterrement; communauté de Saint Jean (Perpignan)Dans le sens horaire: communauté d'Elne; chapitre diocésain de Perpignan; pallofa d'enterrement; communauté de Saint Jean (Perpignan)

Dans le sens horaire: communauté d'Elne; chapitre diocésain de Perpignan; pallofa d'enterrement; communauté de Saint Jean (Perpignan)

L'inconvénient majeur du système est toutefois que la valeur de cette "monnaie" n'est fondée sur aucun outil fiable et encore moins stable. Tout repose sur les liens de confiance entre le vendeur et l'acheteur du bien concerné.

Or la confiance, dans une société qui, il y a encore peu de temps, était tiraillée par la guerre.... C'est fragile et fluctuant.

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Que sont nos nobles devenus?

Publié le par Jaume Ribera

Cela vous paraît peut-être curieux que je m'intéresse dans ces lignes au sort des familles nobles de nos terres catalanes. À ce que me dit Patrick, cela fait bien longtemps que votre époque ne concède plus de rôle à la noblesse ancienne.
Ceci dit, il paraît que votre société a fait croître bien d'autres castes fonctionnant selon un mode quasi nobiliaire, à la légitimité et aux mérites pourtant bien moins tangibles. Mais passons!...
Le traité de 1659 nous a fait changer de nationalité, c'est bien connu. Ce à quoi on pense moins souvent, c'est qu'il a profondément modifié bien des choses dans l'organisation de notre société.
 

Le début de ce document de 124 articles âprement négociés

Le début de ce document de 124 articles âprement négociés

Je vous ai déjà parlé, il y a quelques temps, des modifications institutionnelles connues par notre région (qui gouverne quoi, dorénavant?). Je n'y reviens donc pas.

Au-delà de ces réglages purement mécaniques, il y a un changement plus profond qui est en cours depuis ce traité. À mon avis, il va prendre de nombreuses décennies (des siècles???) pour se stabiliser: la hiérarchie sociale de notre société change! Car la France, ce n'est pas l'Espagne. Au-delà de l'évidence du propos, je veux dire que l'organisation de la société française n'est pas la même que celle que nous connaissions sous la couronne espagnole. Avec un élément rendant la chose encore plus complexe: l'état de quasi-sécession de notre région catalane (de part et d'autre des Pyrénées) depuis le début des années 1640.

C'est d'ailleurs cette séparation de facto d'avec Madrid qui est cause du bouleversement qui a touché de plein fouet bien des familles de la noblesse catalane. Pour une raison simple: il y a eu ceux qui restèrent fidèles au royaume espagnol et ceux qui au contraire placèrent leurs espoirs dans la France.

Traditionnellement, notre société connaissait trois niveaux de noblesse.
   - La haute aristocratie. En général espagnole, souvent constituée de proches de la cour et du roi, elle a perdu toute influence chez nous au fil des événements liés à la guerre contre la France. Pour la plupart, ils vivent du côté espagnol de la nouvelle frontière et je crois que vous en avez rencontré quelques-uns dans le récit d'une de mes enquêtes (Le sel de Cosprons).
   - La noblesse locale. Elle est moins liée à la possession de fiefs territoriaux que c'est le cas en France (nous n'avons pas réellement connu de passé féodal, dans notre région). Il y eut, c'est vrai, par périodes, des vicomtés qui se créèrent (Ille, Fenouillèdes, Castelnou, Besalù...), des baronnies qui apparurent soudain (Sorède, Montalba, Vilaro...); mais le plus souvent des familles ont érigé de véritables fiefs sans pour autant se parer de titres spécifiques (les Cadell à Espira, les Morer à Finestret, les Marill à Maureillas...).
   - Les bourgeois annoblis (burges honrats). Dans notre région, c'est une spécificité appartenant aux grandes villes: la possibilité d'accorder cette appellation donnant un statut juridique à certaines personnes en raison de leur situation économique et sociale privilégiée (c'est-à-dire, soyons clairs, en fonction de leur capacité financière et fiscale).

Représentation fort ancienne de la haute aristocratie catalane

Représentation fort ancienne de la haute aristocratie catalane

Que va changer le traité qui nous a rendus français à ceci? Je ne suis pas devin, certes... Mais même sans demander à Patrick de chercher pour moi, je peux déjà constater certains évolutions.
   - La haute aristocratie est progressivement remplacée par de nouveaux nobles ... français. Auxquels sont confiés des fonctions administratives prestigieuses (le gouverneur Anne de Noailles en étant le principal exemple).
   - La petite noblesse locale s'appauvrit peu à peu et perd de son prestige auprès de la population, notamment parce qu'elle a de plus en plus de mal à entretenir ses biens fonciers. Il y a tant et tant de châteaux plus ou moins abandonnés ou qui menacent ruine! Et pas seulement à cause des destructions guerrières...
   - Les bourgeois honorés, pour leur part, prennent de plus en plus d'influence dans la gestion des villes et des cités. Ils sont probablement la base sur laquelle se constituera dans les prochains siècles une nouvelle noblesse...

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Un rocher en guise de frontière

Publié le par Jaume Ribera

Vous l'avez sans doute compris avec certains de mes précédents messages ici, c'est aux portes du Fenouillèdes, qui était déjà français avant 1659 que m'a entraîné ma dernière enquête. Je ne vous en dirai rien, du moins directement, car Patrick me l'a interdit puisqu'il est en train d'essayer de la mettre en forme. Je dis "essayer" car tout à fait entre nous (ne lui en dites surtout rien!...), je le sens moins à l'aise que d'habitude pour mettre en pages tout ce que je lui ai raconté. Quand je lui demande où il en est, je sens bien qu'il est bougon.

Il est marrant, Jaume... Pas toujours facile, de développer!...

Il est marrant, Jaume... Pas toujours facile, de développer!...

Histoire de ne pas lui donner le sentiment que je le laisse seul dans son souci, je viens vous parler d'une curiosité découverte sur place: une étrange (mais très ancienne) borne frontière. Longtemps la limite entre les terres contrôlées par l'Espagne (incarnée le plus souvent par le seul royaume d'Aragon) et celles qui l'étaient par la France fut imprécise. La notion de "peuple catalan", je vous l'ai dit aux débuts de ce blog, a longtemps été quelque chose de très flou. Et de toutes façons, les souverains des temps anciens se souciaient assez peu de la volonté des populations lorsqu'ils définissaient leurs possessions.
Il y a quatre siècles (pour moi en tous cas: c'était en effet en 1258), les représentants de Jaume I d'Aragon et de Louis IX de France se rencontrèrent à Corbeil, non loin de la capitale française, pour délimiter ce qui pouvait revenir à chacun des deux. On sortait à peine des temps complexes de la féodalité triomphante où les droits des uns et des autres étaient tellement entremêlés que les conflits (locaux ou plus larges) étaient permanents.

Je ne vais pas entrer dans les détails de ce qui a été décidé par ce traité, car je crois que vous disposez désormais de moyens d'information considérables où vous trouverez cela facilement si ça vous intéresse. L'idée générale est que la frontière entre le royaume aragonais et le royaume français suivrait dorénavant la ligne des Corbières. Ou à peu près; les représentants français, en effet, réussirent à conserver le Fenouillèdes. Il est vrai que la langue catalane y est beaucoup moins bien implantée.

Encore a-t-il fallu, sur place, matérialiser ce nouveau partage de la terre. Dans la plupart des cas, cela se fit par l'implantation de bornes en pierre assez massives. Mais celle que j'ai eu récemment l'occasion de rencontrer est particulière. Jugez plutôt de la différence.

À gauche: une borne classique. À droite: la Roque d'En TalouÀ gauche: une borne classique. À droite: la Roque d'En Talou

À gauche: une borne classique. À droite: la Roque d'En Talou

Cette Roque d'En Talou est située au milieu des propriétés, entre le village de Montner et celui que nous appelons Latour, parfois avec son ancien nom de Latour de Triniach, qui est pour vous Latour de France. Et oui, on dirait un simple rocher sans apparat particulier. Alors certains d'entre vous (car je vous sais taquins) vont me rétorquer: "Et qu'est-ce qui permet d'assurer qu'il s'agit là d'une borne de délimitation frontalière et pas d'une simple roche isolée?"
Tout simplement une particularité de celle-ci: sur ses deux faces ont été sculptées, assez grossièrement je l'admets mais très clairement, les armoiries des deux pouvoirs politiques qui se faisaient face à cet endroit.

Sur le côté tourné vers le Sud apparaît très clairement une croix pattée, qui était le symbole armorial des rois d'Aragon. J'ai toutefois été surpris de ne pas voir la fleur de lys des rois de France sur le côté septentrional.

En haut le côté aragonais. En bas le côté français.
En haut le côté aragonais. En bas le côté français.

En haut le côté aragonais. En bas le côté français.

Sur place, on m'a expliqué qu'il s'agissait des armes de la famille de Montesquieu de Roquefort. Une vieille famille du Lauragais qui possède de nos jours la seigneurie de Latour ainsi que quelques autres fiefs du Fenouillèdes.

Et qui, accessoirement, m'a donné pas mal de fil à retordre... Mais ça, c'est une autre histoire...

Publié dans Ma région

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Et si nous parlions "bruixes"???

Publié le par Jaume Ribera

Là, j'en devine déjà plusieurs parmi vous qui s'interrogent: "Bruixes"? De quoi veut-il nous parler, le Jaume???

Alors que je vous affranchisse tout de suite: les "bruixes", en catalan, sont les sorcières. Mais si ce n'était que cela, ce serait simple et ne mériterait pas un billet dans ce blog. D'une part en effet les sorcières, c'est bien connu, n'existent pas... Et d'autre part elles ne servent qu'à faire peur aux petits enfants.

Or ça, c'est dans le confort rationnel (paraît-il) de votre XXI° siècle que vous le pensez. À mon époque il en va tout autrement! Je vis en effet en un temps où les superstitions sont encore vivaces. Et où même les gens les plus censés peuvent y succomber. Il faut dire que l'Église, l'État, les structures locales, mettent tout en œuvre pour "faire rentrer dans le rang" tous ceux qui, pour une raison ou une autre (difformités physiques, troubles qu'en votre temps on appelle psychologiques, aléas de la vie, jalousies diverses...) tendent à sortir du cadre général. Et s'ils résistent... les mêmes (Église, État, structures locales...) vont chercher à supprimer l'intrus. Quitte à ratisser très large, pour être sûrs de n'en oublier aucun(e).

Et il faut reconnaître, hélas, que nos terres catalanes, surtout au Sud des Pyrénées, côté espagnol, mais aussi chez nous où environ 200 victimes ont été recensées, m'a expliqué Francisco, ont fourni un lourd contingent à ce qui s'est souvent apparenté à un véritable massacre... Car la plupart du temps, c'était la potence ou le bûcher qui attendait la "bruixe".

La carte des mises à mort, au fil des siècles

La carte des mises à mort, au fil des siècles

En effet, bien sûr et hélas, ce sont surtout des femmes qui ont été les victimes de ces mises à mort soi-disant judiciaires. Les "tribunaux" qui les condamnaient étaient en réalité dénués de toute justice: elles étaient FORCÉMENT coupables; l'enjeu des procès n'était donc pas d'en peser le pour et le contre, mais de les amener à avouer... et à se repentir. Donc bien sûr menaces, coups, viols, chantages, tout fut bon pour prouver leur culpabilité.

Jusqu'au fréquent recours aux sinistres ordalies, si improprement appelées "jugements de Dieu". Il y en avait plusieurs sortes, toutes aussi absurdes les unes que les autres. Prenez le principe de l'ordalie par l'eau, par exemple. L'accusé était jeté dans l'eau, pieds et poings liés. S'il flottait, c'est qu'il était coupable; donc on l'exécutait. S'il coulait, c'est qu'il était innocent; mais il était mort quand même, noyé... J'ai employé le masculin par simplicité d'écriture mais cela valait aussi (surtout?) pour les femmes.

Et encore là, les dessinateurs ont laissé les vêtements!Et encore là, les dessinateurs ont laissé les vêtements!

Et encore là, les dessinateurs ont laissé les vêtements!

Heureusement, si j'ose dire, les années de guerres ont mis fin à la dernière vague de violence, celle qui avait débuté avec mon XVII° siècle. On avait alors autre chose à faire qu'à pourchasser de soi-disant sorcières!

Dans les campagnes, toutefois, la peur de l'inconnu et les croyances superstitieuses continuent parfois de sévir. Et l'accusation d'être une "bruixe" peut détruire une réputation, voire pire. J'ai hélas eu l'occasion de m'en rendre compte il y a peu de temps (mais chuttt! Patrick ne veut pas que je vous en dise plus...).

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Des animaux de compagnie???

Publié le par Jaume Ribera

Il y a bien sûr énormément de différences (voire de divergences) entre votre époque et la mienne. Il en est une qui touche au mode de vie des individus de tout rang social: la place faite aux animaux. Si j'en crois ce que me raconte Patrick, certains ne reculent devant aucune extravagance en vos temps...

Des animaux de compagnie???Des animaux de compagnie???

Pour mes contemporains (comme pour moi d'ailleurs), l'animal ne peut exister auprès de l'être humain que parce qu'il y a un e bonne raison pour ça. Je ne parle bien sûr pas ici des animaux sauvages, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas de contacts réguliers avec les humains. Ceci étant précisé, il n'y a dans notre vision de la vie que deux types d'animaux.

- Ceux qui ont une utilité économique ou pratique. Le plus important parmi ceux-ci est bien sûr le cheval, qui est avant tout notre principal moyen de transport. À l'extérieur des villes, tout le monde sait monter à cheval dès sa plus jeune enfance. Et souvent à cru! La seule vraie difficulté est qu'un cheval coûte cher. À acheter et surtout à entretenir! C'est pour cela que beaucoup se contentent d'un simple âne, ou d'un mulet.
Les autres animaux utiles sont ceux que l'on rencontre dans toutes les fermes: bovins, ovins, volailles, porcins... Ceux-ci ne sont pas uniquement des réserves de nourriture. Ils sont nécessaires pour l'élimination des déchets, les travaux des champs, la collecte de leur laine... Ils sont aussi une source appréciable de revenus, lorsque les portées ont été fécondes.

Des animaux de compagnie???Des animaux de compagnie???
Des animaux de compagnie???Des animaux de compagnie???
Des animaux de compagnie???Des animaux de compagnie???

- Ceux qui sont uniquement des proies. Dans quel but? La nourriture bien sûr! Hormis les poissons (de mer ou de rivière), qui ne nous servent à rien d'autre, ils ne sont d'ailleurs pas si nombreux que ça, car les chasser nécessite des moyens qui ne sont pas disponibles pour tout le monde. De plus, les gibiers posent d'autres problèmes. Hormis le petit gibier (lapins et oiseaux essentiellement, capturés la plupart du temps par des pièges), les grosses pièces (chevreuils, cerfs, voire sangliers...) nécessitent que leur viande soit correctement conservée pour être consommable sans danger. Or à mon époque, les moyens de conservation ne sont pas très sophistiqués, hormis les salaisons. Sachant que le sel est devenu une denrée très chère, depuis que notre nouveau roi nous a assujettis à la gabelle, que notre région n'avait jamais connue sous la couronne espagnole.

Des animaux de compagnie???Des animaux de compagnie???Des animaux de compagnie???

Je vous devine en train de protester: "Et les chiens et les chats, alors?". Car je sais qu'à votre époque, ces deux espèces vivent totalement avec vous, sans autre fonction que d'égayer votre quotidien. Pour mes contemporains, ils font uniquement partie de la première catégorie dont je vous ai parlé. Les chiens parce qu'ils nous aident à la chasse et qu'ils surveillent la sécurité de nos habitations. Les chats parce qu'ils sont les prédateurs principaux des rats et des souris qui en veulent aux réserves de nourriture que nous avons dans nos celliers ou nos greniers. Et c'est tout!

Ce qui ne nous empêche pas, rassurez-vous, d'avoir de l'affection pour nos animaux et d'apprécier leur compagnie. Mais que voulez-vous! À mon époque, l'impératif majeur pour la majorité d'entre nous est celui de la survie. Dans un contexte social où pour beaucoup il est difficile de nourrir tous les humains habitant la maisonnée, il serait impensable d'ajouter d'autres bouches à nourrir, félines ou canines... uniquement pour avoir de la compagnie!...

Des animaux de compagnie???Des animaux de compagnie???
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Disparaître à mon époque...

Publié le par Jaume Ribera

Même si Patrick fait toujours très attention à ne pas me perturber quand il me parle (un peu) du monde dans lequel il vit (vous aussi, d'ailleurs), il lui arrive d'évoquer des choses pour lesquelles j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut me dire. Ou au contraire je comprends trop bien ... qu'il se trompe totalement sur la réalité de mon monde.

L'autre jour durant un de nos échanges, il a soudain laissé tomber une phrase illustrant parfaitement ce fait. "Tu te rends compte que chaque année, dans notre pays, il y a environ 1000 personnes qui disparaissent totalement et qu'on ne retrouve jamais! Deux fois la population d'Argelès chaque année! Ce n'est pas à ton époque que cela serait arriverait... Vous êtes tellement plus solidaires entre vous..."
Solidaires?... Oui bien sûr...
Plus que vous? Je n'en sais rien, après tout: je ne vis pas à votre époque! D'après ce qu'il m'en dit, cela semble probable... Mais peu importe.

Si toutefois vous pensez comme lui, détrompez-vous: de mon temps aussi elles sont relativement fréquentes, les disparitions. Je ne parle pas de cas comme celui de mon ami Emanuel d'Oms, parti il y a plus d'un an avec femme et enfants dans les lointaines îles des Amériques et dont nous sommes sans nouvelles depuis. Je parle de gens qui ont quitté leur maison pour aller vaquer à diverses occupations (parfois anodines) et que plus personne n'a revus vivants ou morts. À part le bouche à oreille, nous ne disposons d'aucun moyen pour faire savoir que quelqu'un les recherche.

Du plus rudimentaire au plus sophistiqué...Du plus rudimentaire au plus sophistiqué...

Du plus rudimentaire au plus sophistiqué...

Pourquoi disparaît-on, à mon époque? Difficile d'avoir une réponse qui englobe tous les cas particuliers.

Bien sûr il arrive que certains le fassent pour changer de vie; pour partir voir ailleurs si leur destin ne serait pas meilleur que là où ils se trouvent depuis leur naissance. Nos temps, toutefois, ne sont guère propices à de tels cheminements personnels. Certains diront que nous sommes trop préoccupés par la nécessité de simplement survivre pour nous demander si nous ne pourrions pas mieux vivre. Sans doute. Peut-être aussi savons-nous nous contenter de ce que nous avons, sans chercher à atteindre un mieux qui risque fort d'être inatteignable.

Certains peuvent avoir fait une mauvaise rencontre qui leur aura été fatale, leur meurtrier réussissant à faire disparaître à tout jamais le cadavre, preuve de son forfait. Je vous l'ai déjà expliqué, je crois: nous nous déplaçons beaucoup (beaucoup plus qu'on le croit à votre époque) et parfois sur d'assez longues distances. Et bien sûr durant ces déplacements nous n'avons plus de contacts avec notre entourage proche. Ce n'est qu'après plusieurs semaines que notre absence deviendra vraiment inquiétante pour lui.

Enfin, et c'est le cas le plus fréquent, un accident peut survenir lors d'un de ces déplacements. Quelqu'un meurt ou est trouvé mort alors qu'il n'est que de passage dans une paroisse trop éloignée de son lieu d'origine pour qu'on sache plus que son nom (et encore pas toujours). Il n'y aura pas d'autre alternative pour le curé de l'endroit que de l'inhumer et d'écrire quelques lignes lapidaires dans ses registres. Sans pouvoir prévenir qui que ce soit...

Dans ce cas, par exemple, comment savoir qui étaient ces deux pauvres victimes de noyade? D'où venaient-elles? Et qui étaient les proches qui ne purent que les pleurer sans rien connaître de leur sort fatal?

Deux femmes trouvées noyées dans le Tech

Deux femmes trouvées noyées dans le Tech

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Un château en sursis?

Publié le par Jaume Ribera

Je vous ai parlé dans mon dernier post (déjà un mois!...) de Força Real. Mais surtout de son histoire. De mon temps, ce lieu est dominé par le château du même nom. C'est un très vieux bâtiment, déjà partiellement délabré, construit durant les premières années du XIIIe siècle. Patrick me dit que les historiens des siècles après le mien ont longtemps débattu de cette datation. Certains font même remonter son apparition aux temps de la conquête romaine. Quand je lui en ai parlé, cela a beaucoup fait rire mon ami Francisco.
"Depuis quand les Romains construisaient-ils des châteaux en pierre? Aussi importants de surcroît?" s'est-il exclamé.
En fait, Força Real est clairement contemporain de toute la ceinture de tours de guet et de castells de nos terres catalanes situées au nord des Pyrénées. Sa fonction initiale était de combler un vide de la surveillance d'une frontière qui certes n'était pas trop menacée, mais qui séparait les royaumes pyrénéens: celui d'Aragon au sud et celui de France au nord, entre lesquels n'exista que très éphémèrement le royaume de Majorque.

Tautavel, Opoul, Força Real... Il n'en reste souvent plus grand-chose.Tautavel, Opoul, Força Real... Il n'en reste souvent plus grand-chose.Tautavel, Opoul, Força Real... Il n'en reste souvent plus grand-chose.

Tautavel, Opoul, Força Real... Il n'en reste souvent plus grand-chose.

Les ambitions de tout ce beau monde étant antagonistes, les ouvrages fortifiés se multiplièrent de part et d'autre de leur frontière, fragilement fixée lors du traité de Corbeil en 1258. Situé entre Millas et Montner, le nouveau château bénéficiait en outre de sa situation privilégiée au sommet d'un piton dominant toute la plaine du Roussillon.

C'est cette implantation sur un promontoire étroit qui explique d'ailleurs son plan assez étrange. Alors que la plupart des châteaux édifiés à cette époque étaient quadrangulaires, celui de Força Real épouse le plus possible la forme du promontoire au sommet duquel il est situé.
L'extrémité occidentale, particulièrement resserrée, était dominée par une élévation dont même à mon époque il ne reste plus grand chose: tour? mirande? terrasse? On ne sait plus trop. Quelque chose en tous cas qui renforçait la sécurité de l'endroit, face à son côté le plus aisément accessible: la pente est moins abrupte et plus empierrée de ce côté-là!

Une forme biseautée imposée par son implantation

Une forme biseautée imposée par son implantation

Le reste de la construction était plus classique pour un château de cette époque. Une vaste cour, cernée par les fortifications et au centre de laquelle se trouvait une citerne; des souterrains, pour la plupart effondrés (mais pas tous, hélas, comme j'ai pu m'en rendre compte récemment); un donjon, qui a vraisemblablement beaucoup souffert des bombardements d'artillerie lorsque les armées françaises ont commencé leur avancée vers le contrôle de la plaine roussillonnaise, à partir de 1639...

Malgré ce délabrement de la construction et malgré le fait que désormais, depuis quatre années la frontière a été déportée bien plus au sud, privant Força Real de tout intérêt militaire, le château est toujours habité. Je n'ose pas parler d'une garnison! Ils sont rarement plus de ... trois ou quatre soldats, en général en fin de carrière, sanctionnés ou blessés, très vaguement commandés par un officier, très mal payés...

Et donc hélas prêts à tout pour simplement survivre.

Mais ça, c'est une toute autre histoire.

Publié dans Ma région

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